Kinshasa, 05 janvier 2026 (ACP).- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé l’activation, dans les prochains mois, de la loi de programmation de la réforme de la Police nationale congolaise (PNC) pour la période 2026-2030, une première dans l’histoire de la RDC, pour renforcer durablement la sécurité intérieure et l’autorité de l’État.
Adoptée par les deux chambres du Parlement puis promulguée en juillet 2025 par le Président de la République, cette loi est dotée d’un budget global de plus de 2,5 milliards de dollars américains, désormais intégré dans la loi de finances de l’exercice 2026.
Elle vise à doter la Police nationale des moyens humains, matériels et infrastructurels nécessaires à l’accomplissement de sa mission, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants.
Selon le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, cette réforme prévoit sur cinq ans « l’acquisition d’équipements adaptés, le recrutement et la formation de 90.000 nouveaux policiers, la mise à la retraite progressive de 10.000 agents, ainsi qu’un vaste programme de construction et de réhabilitation d’infrastructures policières ».
La phase opérationnelle de cette réforme est déjà amorcée. À Kasangulu, dans la province du Kongo Central (sud-ouest de la RDC), 700 nouvelles recrues suivent une formation initiale de longue durée. Parallèlement, l’École de police de Kapalata, dans la province de la Tshopo (nord-est), récemment réhabilitée et portée à une capacité d’accueil de 2.000 apprenants, s’apprête à recevoir de nouvelles promotions.
D’après un document du ministère de l’Intérieur, cette loi de programmation s’inscrit dans une réforme plus large du secteur de la sécurité, avec pour objectifs majeurs l’optimisation de la surveillance criminelle, la professionnalisation des unités et la numérisation progressive des opérations policières.
Recyclage de 21.000 policiers et construction d’infrastructures spécifiques
Outre le recrutement massif de nouveaux agents, la réforme prévoit le recyclage de 21.000 policiers déjà en service, afin d’améliorer leurs compétences opérationnelles et leur discipline professionnelle.
À cet effet, le budget alloué à la réforme a été porté à 2,55 milliards USD, soit une augmentation de 11,04 % par rapport aux projections initiales.
La construction de 1.046 commissariats de police est programmée dans les Entités territoriales décentralisées (ETD), afin de rapprocher les services de sécurité des populations. Le nombre de policiers bénéficiaires de formations spécialisées nationales (LN1, UPI/HP et GMI) passera, quant à lui, de 5.000 à 10.000 sur cinq ans.
La redynamisation des unités canines figure également parmi les priorités.
Le texte prévoit, en outre, l’opérationnalisation d’une industrie de la Police nationale, destinée à produire localement équipements et accessoires.

Le nombre d’écoles de police à construire et à équiper sera porté de quatre à six, tandis que des garages de maintenance spécifiques à la PNC seront installés dans l’ensemble des 26 provinces, à raison de deux par province.
Cette loi constitue la deuxième grande loi de programmation sectorielle mise en œuvre sous le leadership du Président Tshisekedi, après la loi de programmation militaire lancée en 2022, dont les effets sont déjà perceptibles en matière de capacités logistiques et de prise en charge sociale des forces de défense.
À l’aube de l’année 2026, l’activation effective de la loi de programmation policière apparaît ainsi comme un jalon majeur de la gouvernance sécuritaire en République démocratique du Congo, avec pour ambition de restaurer durablement la confiance entre la Police et la population.
ACP/C.L.

