Kinshasa, 23 mai 2026 (ACP).- Un appel au renforcement immédiat des mécanismes de biosécurité sanitaire, des dispositifs de surveillance éco-épidémiologique et stratégies de prévention communautaire face aux risques de propagation du virus Ebola en République démocratique du Congo(RDC )a été lancé samedi par un professeur d’université(spécialiste en environnement et assainissement) lors d’un échange avec l’ACP.
« La recrudescence des maladies zoonotiques émergentes dans certaines régions africaines impose aujourd’hui une approche scientifique intégrée reposant sur la biosécurité, la prévention environnementale, les mesures d’atténuation, d’adaptation, ainsi que la résilience face à cette maladie. Et le renforcement immédiat des mécanismes de biosécurité sanitaire, des dispositifs de surveillance éco-épidémiologique et stratégies de prévention communautaire face aux risques de propagation du virus Ebola», a déclaré le Professeur Docteur Malick Muamba Tshibangu, spécialiste en environnement, assainissement et Directeur au Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelles Économie du Climat.
Selon cet expert, les perturbations écosystémiques, la dégradation des milieux naturels, l’insuffisance des infrastructures d’assainissement, l’anthropisation accélérée des espaces forestiers ainsi que les interactions incontrôlées entre l’homme et la faune sauvage constituent des facteurs déterminants dans l’émergence et la circulation des agents pathogènes hautement virulents tels que le virus Ebola.
Le Professeur Muamba a recommandé aux autorités provinciales, aux services techniques et aux structures sanitaires de renforcer urgemment : les mécanismes de surveillance épidémiologique et de biosurveillance environnementale , les opérations d’assainissement des espaces publics, marchés, cours d’eau et zones à forte vulnérabilité sanitaire.
Il s’agit également de renforcer les campagnes de sensibilisation communautaire sur les mesures barrières , la désinfection et la désinsectisation des milieux exposés , les capacités de riposte rapide et d’alerte précoce ainsi que le contrôle sanitaire aux points de mobilité et dans les zones à risque.
« Les populations doivent faire preuve de vigilance, mais ne doivent surtout pas céder à la psychose ou à la panique. Le respect rigoureux des mesures barrières, l’hygiène collective, la détection précoce des cas suspects et la coopération communautaire constituent des outils essentiels de résilience sanitaire », a-t-il rassuré.
Il a enfin plaidé pour une coordination multisectorielle renforcée entre les ministères de l’Environnement, de la Santé, de l’Intérieur, les autorités provinciales, les chercheurs scientifiques et les partenaires techniques afin d’anticiper toute menace sanitaire émergente et de protéger durablement les populations congolaises.
L’observance des mesures barrières
Par ailleurs, l’expert Muamba a insisté sur l’observance des mesures barrières notamment le lavage systématique des mains , l’utilisation d’eau potable, l’évitement de tout contact avec des fluides biologiques suspects ,le respect des protocoles sanitaires et la notification immédiate des cas présentant des symptômes compatibles avec une infection virale.
En outre, le Professeur des universités congolaises a souligné que la prévention environnementale demeure aujourd’hui un levier stratégique de sécurité sanitaire nationale et internationale.
« La lutte contre Ebola ne doit plus être considérée uniquement sous l’angle médical. Elle nécessite désormais une gouvernance éco-sanitaire intégrée associant environnement, climat, santé publique, assainissement et gestion durable des écosystèmes », a-t-il affirmé.
Abordant les stratégies de gestion durable des risques sanitaires, il a expliqué que les mesures d’atténuation visent principalement à réduire les facteurs environnementaux favorisant la propagation des agents pathogènes, notamment par :le renforcement de l’assainissement ,la protection des écosystèmes ,la réduction des pollutions et l’amélioration des infrastructures sanitaires.
Les mesures d’adaptation selon lui,consistent à accroître la capacité des communautés, des institutions et des systèmes sanitaires à répondre efficacement aux menaces épidémiques grâce à : la sensibilisation continue,la préparation communautaire , la formation des agents de santé et le renforcement des dispositifs de réponse rapide.
« La résilience face à cette maladie dépendra de notre capacité collective à anticiper les risques, à renforcer les systèmes de prévention et à construire une véritable culture de sécurité sanitaire et environnementale », a conclu le Professeur Muamba PhD.
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