RDC-Belgique: la digitalisation des données minières intégrées dans l’intelligence artificielle envisagée

Kinshasa, 11 juin 2026 (ACP).- La digitalisation des données minières de la République démocratique du Congo (RDC) pour leur intégration dans les plateformes de l’intelligence artificielle a été envisagée, au cours d’une rencontre entre le ministre congolais des Mines et des autorités belges, a appris l’ACP mercredi de source officielle.

« Comme vous le savez, la digitalisation de ces données est indispensable pour leur intégration dans des plateformes d’intelligence artificielle. Cela nous permettra d’accélérer les analyses, d’identifier les zones les plus prometteuses et de mieux orienter nos efforts de prospection minière. Notre pays regorge notamment de fer, de nickel, de chrome, de cuivre, d’or et de nombreuses autres substances minérales réparties sur l’ensemble du territoire », a déclaré Louis Watum, ministre des Mines, à son retour à Kinshasa, en provenance de Bruxelles.
« Nous avons eu d’excellents échanges avec les responsables du Musée royal belge ainsi qu’avec les représentants de l’Union européenne, qui accompagnent le processus de numérisation de ces archives », a-t-il ajouté.

A cette occasion, le ministre a dit avoir également examiné la situation de la filière diamantifère, le diamant naturel qui connaît actuellement des difficultés sur le marché mondial en raison de la montée en puissance des diamants de synthèse, également appelés diamants de laboratoire.
« Cette évolution exerce une pression à la baisse sur les prix du diamant naturel produit dans notre pays. Dans ce contexte, nous avons rencontré des maisons de courtage et des sociétés de commerce de diamants bénéficiant de plus de cent cinquante années d’expérience », a-t-il dit, indiquant que les possibilités de développer des projets ont été explorées lesquelles devant permettre de relier directement les coopératives artisanales productrices de diamants aux consommateurs internationaux via des plateformes spécialisées.

« Il y a désormais davantage d’engagements concrets. D’abord, du point de vue de la chaîne de valeur du germanium, qui est traité à Olen. Une première étape est déjà en cours de réalisation. Nous comptons aller encore plus loin, tout en renforçant nos capacités nationales en tant que Congolais », a renchéri le ministre.

Ce processus a déjà commencé à travers les échanges d’expériences et le transfert de compétences technologiques.
« Aujourd’hui, nos techniciens congolais se rendent sur place, afin de se familiariser avec les nouvelles technologies, et nous poursuivrons dans cette voie », a indiqué le ministre Watum.

Par ailleurs, la RDC veut commencer à ajouter davantage de valeur localement, étant donné qu’actuellement elle exporte essentiellement des concentrés.
« Dans les mois à venir, nous allons progressivement transformer ces ressources sur place. Cela signifie davantage d’emplois créés dans notre pays, davantage de richesses produites localement et une meilleure captation des bénéfices pour notre économie », a-t-il fait savoir.
Le chef de la diplomatie belge qui a reçu le ministre congolais des Mines, était engagé dans cette dynamique.
« Nous avons convenu de ne pas nous limiter à la signature d’un simple accord ou d’un mémorandum d’entente, qui ne représente souvent qu’une déclaration d’intentions. Nous voulons aller au-delà des intentions et privilégier des actions pratiques, concrètes et mesurables, assorties d’un calendrier précis de mise en œuvre », a indiqué le ministre.

À cet effet, les deux parties ont décidé de mettre en place une task force, de part et d’autre, afin d’élaborer un chronogramme et d’assurer un suivi rigoureux d’exécution.

Au cours de cette visite officielle, le ministre et sa délégation s’étaient rendus au Musée royal dans le but de préparer un cadre devant permettre la récupération des archives géologiques relatives au sous-sol congolais .
Il est essentiel que la RDC dispose d’une connaissance approfondie et d’une cartographie précise de ses ressources naturelles. Ces données seront mises à la disposition des jeunes géologues congolais qui sont actuellement bien formés au pays, afin de leur permettre de mobiliser des financements et de découvrir de nouveaux gisements.

« Nous avons besoin de découvrir de nouveaux gisements. Nous ne pouvons pas continuer à nous appuyer uniquement sur le modèle historique du cuivre et du cobalt, qui a marqué notre économie durant plus d’un siècle, alors que la RDC constitue un immense réservoir de ressources minières », a martelé le ministre des Mines.

L’objectif est de garantir aux producteurs un meilleur prix de vente ainsi qu’une répartition plus équitable des richesses générées par cette activité, a-t-il fait remarquer.
A la tête d’une délégation d’experts miniers congolais, le ministre Watum a regagné Kinshasa au terme d’une mission économico-diplomatique en Belgique.

ACP/L/Y

Fil d'actualités

Sur le même sujet