RDC : célébration du bicentenaire des «Constitutions et Règles» des missionnaires oblats à Idiofa

Idiofa, 09 février 2026 (ACP).– Le territoire d’Idiofa, dans la province du Kwilu, sud-ouest de la République démocratique du Congo, a vibré, dimanche, au rythme des célébrations du bicentenaire de l’approbation pontificale des «Constitutions et Règles» des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI).

«Cet événement, qui marque deux siècles de codification du charisme de Saint Eugène de Mazenod, met en lumière le rôle civilisationnel et social de ceux que la population locale appelle affectueusement les +Oblats+», a indiqué Mgr José Moko, l’évêque d’Idiofa, au cours de la messe solennelle qu’il a présidée, en présence du Père Constant Kienge-Kienge, supérieur provincial, et de délégations venues d’Angola, de Kinshasa, de Kikwit et de toute la sous-région.

Pour lui, cette célébration n’a pas été qu’une simple commémoration liturgique. Elle a également été le rappel d’un engagement pris le 17 février 1826 devant le Pape Léon XII : celui de faire du service aux «plus abandonnés» une règle de droit et de vie.

Les Constitutions : un manifeste d’inclusion sociale

Pour les experts de l’histoire missionnaire en RDC, les constitutions et règles ne sont pas de simples textes juridiques. Elles ont été, dès l’origine, le moteur de l’inclusion territoriale dans le diocèse d’Idiofa. Depuis l’implantation des premiers missionnaires à Ipamu en 1922, puis à Ifwanzondo, c’est ce «Livre de vie» qui a dicté la création d’écoles, d’hôpitaux et de centres de développement dans les zones les plus reculées.

«Servir les plus pauvres n’est pas une option pour l’Oblat, c’est son identité constitutionnelle. Ce texte de 1826 a façonné l’homme +Oblat+ pour qu’il soit un spécialiste des missions difficiles», a expliqué un analyste de l’ACP présent aux assises.

Un héritage en mouvement

À Idiofa, l’héritage oblat est palpable. Des centres de formation aux initiatives d’agriculture durable, l’esprit de Mazenod continue de répondre aux défis de la pauvreté moderne. Ce bicentenaire est aussi l’occasion pour la Province du Congo de réfléchir à l’avenir : comment adapter ces règles séculaires aux réalités numériques et économiques du XXIe siècle, tout en restant fidèle à l’impératif de la dignité humaine.

La célébration d’Idiofa s’inscrit dans une dynamique globale. Présents dans 66 pays, les Oblats font de cette « règle » un pont entre les cultures.

En RDC, elle reste un rempart contre l’indifférence, rappelant que le développement d’une nation commence par le regard porté sur ses membres les plus fragiles. Alors que les cloches d’Idiofa résonnaient, c’était tout un territoire qui rendait hommage à ses bâtisseurs de l’espoir depuis deux cents ans. ACP/JF

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