RDC : des réformes proposées pour stimuler l’entrepreneuriat féminin

Kinshasa, 16 juillet 2026 (ACP).- L’amélioration du climat des affaires, la facilitation de l’accès au financement et la mise en place de mécanismes d’accompagnement ont été parmi les principales recommandations d’une thèse doctorale soutenue à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa, pour stimuler l’entrepreneuriat féminin en République démocratique du Congo.

« Au regard de ces résultats, nos hypothèses de départ se sont toutes confirmées. Ainsi, au terme de notre étude, nous recommandons à l’Etat Congolais d’assainir et améliorer le climat des affaires; de stabiliser et pacifier toute l’étendue nationale en général et la Ville de Kinshasa en particulier, de réduire le taux d’intérêt directeur pour inciter les crédits aux investissements, de stabiliser les agrégats macroéconomiques tels que le taux de change, taux inflation, croissance économique, créer des institutions bancaires de crédit d’investissement, crédit agricole, crédit manchilier », a déclaré le chef de travaux Véronique Bukumba, auteure de la thèse.

Intitulée « Connaissance et évaluation des déterminants de l’intention entrepreneuriale en République démocratique du Congo : cas de la ville-province de Kinshasa », cette recherche a eu pour objectif d’apprécier les facteurs favorisant l’intention entrepreneuriale des femmes, particulièrement à Kinshasa.

« L’objectif fondamental de cette étude est d’apprécier les facteurs qui favorisent l’intention entrepreneuriale féminine en RDC en général et particulièrement à Kinshasa », a indiqué la récipiendaire.

Les résultats de l’étude ont révélé que 58 % des femmes interrogées déclarent être à l’origine de leur projet entrepreneurial, tandis que 100 % estiment que leur comportement constitue un facteur essentiel dans leur intention d’entreprendre. En outre, 86 % des répondantes ont affirmé avoir une très grande confiance en leurs capacités managériales.

La recherche a également montré que les principales motivations des femmes entrepreneures sont la faiblesse des revenus salariaux (23 %), la recherche de l’indépendance financière (20 %) ainsi que des considérations liées à la situation conjugale (15,8 %). 

« Les compétences en gestion (31 %), la persévérance (24 %) et la capacité à prendre des risques (23 %) ressortent parmi les principaux traits de personnalité favorisant l’entrepreneuriat », a-t-elle soutenu.

Par ailleurs, la recherche a démontré que l’accès difficile au financement constitue la principale contrainte à l’entrepreneuriat féminin, citée par 62 % des répondantes. Le manque de formation en entrepreneuriat (21 %), la rigidité de la législation ainsi que les risques liés à la création et à la gestion d’entreprise (7 % chacun) figurent également parmi les obstacles majeurs.

« Bon nombre des facteurs retenus ont été déterminants à l’intention entrepreneuriale féminine. Il s’agit du degré de confiance, des aptitudes scolaires, des traits de personnalité, de l’attitude face à l’argent, de la motivation entrepreneuriale et des contraintes entrepreneuriales », a conclu l’impétrant.

Au regard de ces résultats, la chercheuse a également recommandé aux organisations féminines d’organiser des ateliers et conférences sur l’entrepreneuriat, d’accompagner les porteuses de projets, de favoriser leur accès aux financements et de mettre en place un réseau de femmes entrepreneures afin de mutualiser les expériences et les ressources.

Après débat et délibération, Véronique Bukumba a été proclamée docteur en sciences de gestion, avec mention « grande distinction ».

ACP/N/K

Fil d'actualités

Sur le même sujet