RDC : Human Rights Watch réclame des sanctions contre les soutiens rwandais au M23

Kinshasa, 22 mai 2026 (ACP).- L’ONG internationale Human Rights Watch a réclamé jeudi, des sanctions contre les soutiens rwandais au groupe rebelle « M23-AFC », qui occupe une partie des provinces du Nord et Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, la capitale.

« Human Rights Watch appelle à des sanctions contre les responsables rwandais qui soutiennent le M23 ou qui sont impliqués dans certains des crimes qui ont été documentés dans nos rapports, dont nous connaissons la sévérité de la situation », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch (HRW).

«Nous encourageons également l’Union européenne à être plus vigoureuse dans son adoption de sanctions pour qu’on puisse mettre en terme à ces crimes . Malheureusement, il y’a d’autres acteurs armés dans l’Est de la RDC qui commettent des crimes. Nous avons pu recevoir des allégations graves qui touchent les milices Wazalendo qui parfois se retournent contre la population civile et profitent peut-être de la situation chaotique dans cette partie», a-t-il ajouté

Le directeur exécutif de HRW a fait part de sa rencontre avec la Première ministre, le ministre de la Justice, et le vice-Premier ministre de La Défense.

« Nous avons abordé le thème important de la justice et la manière dont les autorités et les tribunaux congolais peuvent faire face aux défis liés à la redevabilité pour tous ces crimes qui se poursuivent dans l’est de la RDC depuis plus de trois décennies. Nous avons encouragé les autorités congolaises à mener des efforts de justice de manière impartiale et à s’assurer que le haut commandement, y compris les responsables gouvernementaux des pays voisins, fassent l’objet d’enquêtes et soient traduits en justice pour les crimes commis », a-t-il rapporté.

«Nous allons enquêter sur une série de massacres de civils et sur la réponse souvent inadéquate des Forces armées de la RDC et de la Monusco pour mettre en œuvre le mandat de protection des civils.», a-t-il ajouté.

«Nous avons également évoqué les exactions commises par d’autres groupes armés, notamment les crimes du FDLR, qui continuent d’être une préoccupation pour nous, aussi bien dans les zones contrôlées par le M23 que dans les zones contrôlées par le gouvernement. Les civils nous racontent des meurtres et des harcèlements sexuels de la part des groupes armés. Nous avons demandé aux autorités qu’aucun soutien n’aille vers ces groupes armés», a-t-il expliqué.

Par ailleurs, M. Bolopion a encouragé les autorités congolaises, notamment le ministre de la Défense, à mettre en place un mécanisme de vérification pour s’assurer que les acteurs abusifs ne seront pas intégrés aux rangs des Forces armées, mais aussi à poursuivre leurs efforts pour traduire en justice les responsables de ces crimes.

ACP/C.L.

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