RDC : la communauté hutu sensibilisée sur la paix ,le développement intégral et cohésion nationale

Kinshasa,9 mai 2026(ACP).-La communauté hutu a été sensibilisée samedi sur l’héritage culturel au service de la paix,du développement intégral et de la cohésion nationale lors de la célébration de la première journée nationale culturelle de ladite communauté congolaise à Kinshasa ,capitale de la République démocratique du Congo(RDC).

«L’objectif est clair et je crois qu’en suivant mon intervention sur « Héritage culturel au service de la Paix, du Développement intégral et de la Cohésion nationale », vous pouvez de vous-même déduire ce que nous cherchons»,a déclaré le professeur émérite Raphaël Nyabirungu, Président national de la Communauté hutu de la RDC.

«Nous cherchons à former nos propres membres à se connaître d’abord, à connaître leur culture, à connaître leurs valeurs. Et ces connaissances doivent être mises à la disposition de tous. D’abord à la disposition des communautés proches ou voisines pour travailler dans le sens de la solidarité et de la paix.Ensuite, nous pensons qu’il y a beaucoup de gens, de communautés voisines ou lointaines», a-t-il ajouté.

Il a rappelé lors de cette célébration de la Journée nationale de la culture de la communauté hutu en RDC , l’historique du peuple hutu remontant au 17ème siècle, un peuple éparpillé dans plusieurs pays de la sous région d’Afrique.

Le professeur émérite Nyabirungu de la faculté de droit de l’Université de Kinshasa (Unikin) a salué la facilitation de la tâche et le soutien des autorités politiques et des institutions du pays à sa communauté hutu et le vivre-ensemble, lesquelles des autorités ont été aussi représentées lors de cette activité.

Il a apprécié ce moment où l’Association culturelle «IGISENGE» célèbre le 08 mai, proclamée comme journée nationale de l’ethnie Hutu congolaise.

Le gouvernement appelé à renforcer les explications sur l’historique de la communauté hutu

En outre,M.Thomas Luhaka ancien Président de l’Assemblée nationale et ministre ,a recommandé une pédagogie du gouvernement qui devrait renforcer les explications pour éclairer la population sur l’existence de la communauté hutu, comme d’autres communautés congolaises.

«Vous avez les Bakongo en Angola, les Bakongo en RDC, les Bakongo au Congo Brazzaville. Vous avez les Nandes en Ouganda, qu’on appelle les Bakonjo, et puis les Nandes congolais. Et ainsi de suite, il y a toutes les frontières.Le même phénomène s’est passé aussi à l’est. Il y a des Hutus rwandais, il y a des Hutus burundais, des Hutus ougandais et il y a des Hutus congolais. Ce sont des faits historiques(…). La confusion maintenant, le problème vient d’où ? Le problème vient du fait que l’État congolais n’a pas de répertoire de sa population. L’État congolais n’a pas de pièce d’identité. Donc maintenant, on ne sait pas. La population est un peu perdue pour faire la part des choses entre un Hutu congolais et un Hutu rwandais. Et maintenant, ce sont les Congolais qui payent la facture de cette confusion»,a -t- il expliqué.

M. Luhaka a ajouté que «Donc le problème, la responsabilité première, c’est à nous, la classe politique, de refonder l’État congolais et de lui donner une armée, de lui donner une police et surtout de lui donner une administration.
Chaque citoyen doit avoir une pièce d’identité. On sait que celui-là, c’est un Mukongo du Congo RDC, c’est un Mukongo de Brazzaville, c’est un Mukongo d’Angola et puis un Hutu du Congo, un Hutu du Rwanda. Tant qu’on n’a pas de pièces d’identité fiables, tant qu’il y a cette insécurité qui règne là-bas, on est dans la confusion et la population est tout à fait perdue».

Il a aussi mis l’accent sur la nécessité d’expliquer le son  » R », dans certaines langues bantoues, qui n’existe pas aussi dans d’autres langues comme en kikongo, en lingala.

Dans le gouvernement du Premier ministre congolais, Lumumba avait nommé un Hutu , ministre de Commerce extérieur , en la personne de M.Bisukiro, a-t-il rappelé.

Une messe d’action de grâce à Dieu pour le retour définitif de la paix , la cohésion nationale et le dialogue a été célébrée à cette occasion par le prêtre Arsène Masumbuku, Deuxième Secrétaire adjoint de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Mwami Ndeze, de la communauté hutu en RDC et Jérôme Paluku, président national de l’intercommunautaire du Nord-Kivu à Kinshasa se sont exprimés
autour de cette journée nationale qui incarne une reconnaissance forte tournée vers l’avenir : celle de contribution essentielle de la communauté hutu à l’histoire de l’humanité et au dialogue des cultures entre les peuples congolais, dont la nation congolaise compte aujourd’hui plus de 450 Ethnies.

ACP/C.L.

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