Kinshasa, 9 mai 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo, à travers son ambassade en Afrique du Sud, a renforcé un dispositif sécuritaire visant à protéger les ressortissants congolais dans le contexte des violences xénophobes, a indiqué la ministre des Affaires étrangères lors d’une plénière, vendredi au Palais du peuple.
« Depuis plusieurs semaines, certaines provinces sud-africaines, notamment, le KwaZulu-Natal, le Gauteng et le Cap-Occidental connaissent une recrudescence préoccupante d’actes hostiles visant principalement les ressortissants étrangers africains. (…) Les informations transmises par notre ambassade à Pretoria font état d’actes d’intimidation, de vandalisme, de pillage et d’agressions physiques dans plusieurs quartiers abritant des communautés étrangères africaines. (…) Face à cette situation, le gouvernement n’est pas resté inactif. Dès les premiers incidents signalés, notre ambassade à Pretoria a activé un dispositif renforcé de veille, d’assistance et de consultation », a déclaré Thérèse Kayikwamba, ministre d’Etat des Affaires étrangères.
Devant les élus nationaux, elle a fait savoir que sur le plan diplomatique, plusieurs démarches officielles ont été engagées auprès des autorités sud-africaines compétentes.
« Notre ambassade a notamment tenu des séances de travail avec les responsables du Department of International Relations and Cooperation, l’équivalent du ministère sud-africain des Affaires étrangères, afin de porter officiellement les préoccupations du gouvernement congolais », a-t-elle expliqué.
« À ce jour, plusieurs cas impliquant des ressortissants congolais ont été officiellement recensés par notre ambassade. Certains compatriotes ont été grièvement blessés, d’autres ont subi d’importantes pertes matérielles ou ont dû quitter temporairement leur lieu de résidence pour des raisons de sécurité », a indiqué la ministre Kayikwamba.
Elle a précisé que des cas documentés concernent, notamment une résidence congolaise entièrement saccagée à Durban Sud, plusieurs compatriotes agressés, dont certains grièvement blessés, ainsi que des victimes ayant nécessité une prise en charge médicale urgente.
Par ailleurs, la cheffe de la diplomatie congolaise a ajouté qu’au-delà des violences physiques, plusieurs Congolais vivent aujourd’hui dans un climat d’insécurité et de forte détresse psychologique, avant de rassurer qu’à ce stade, aucun décès de ressortissants congolais n’a été enregistré.
Cette situation intervient dans un contexte socio-économique tendu en Afrique du Sud, marqué notamment par un chômage élevé, des tensions sociales persistantes, l’instrumentalisation croissante de la question migratoire, ainsi qu’une montée des discours populistes et xénophobes, notamment sur les réseaux sociaux et certaines plateformes communautaires.
ACP/C.L.

