Kinshasa, 28 Février 2026 (ACP).- La crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo dépasse le cadre strictement national et engage la responsabilité politique et diplomatique de l’Union européenne (UE), et de la France en particulier, selon un député national congolais, cité dans un communiqué consulté samedi à l’ACP.
« L’Honorable Alfred Dibandi, député national et élu de Libenge, a livré une analyse structurée et sans complaisance de la situation sécuritaire et géopolitique de la République démocratique du Congo. (…) Il a insisté sur le fait que la crise sécuritaire à l’Est de la RDC dépasse le cadre strictement national. Elle engage la responsabilité politique et diplomatique de l’Union européenne, et de la France en particulier, pays qui joue un rôle de plume diplomatique et normative dans la sous-région, notamment au sein des instances multilatérales », a-t-on lu.
L’élu de Libenge, dans le Sud-Ubangi, a soutenu que le silence ou l’ambiguïté stratégique face à l’agression dont la RDC est victime contribue à entretenir l’instabilité régionale. Pour lui, une puissance normative comme l’Europe ne devrait se limiter à une posture d’observation comminatoire ou de dénonciation accusatoire : elle doit assumer une action diplomatique qui soit en cohérence avec les principes qu’elle défend officiellement, souveraineté, intégrité territoriale et respect du droit international.
Le député Dibandi a rappelé que la RDC demeure une économie largement extravertie, dont les ressources stratégiques alimentent les chaînes de valeur mondiales. « À ce titre, il a plaidé pour une traçabilité internationale rigoureuse des exportations des ressources congolaises, afin de rompre le lien structurel entre exploitation illégale, financement des groupes armés et prédation économique », a renchéri la source.
Il a, à cet effet, souligné que l’autonomie dans la gestion des réserves stratégiques constitue un levier fondamental non seulement pour le développement national, mais également pour la stabilité de toute la sous-région et, au-delà, pour l’économie mondiale.
« La question congolaise n’est donc pas périphérique : elle est centrale dans l’équilibre géoéconomique contemporain », a-t-il expliqué.
Résilience budgétaire et gouvernance
Par ailleurs, le député national Dibandi a salué les efforts du gouvernement congolais dans l’implémentation de la vision du Chef de l’État, avant de mettre en évidence un indicateur révélateur, à savoir : la passation du budget national d’environ 4 milliards à 18 milliards de dollars, et cela dans un contexte de guerre asymétrique injustement imposée à la RDC.
« Cette progression traduit une amélioration de la mobilisation des recettes internes, une réforme progressive de la gouvernance financière et une volonté affirmée de restaurer la souveraineté économique », a dit l’élu de Libenge, cité dans le communiqué.
Parlant de la sécurité, souveraineté et refondation stratégique, Alfred Dibandi a défendu trois axes , à savoir : le renforcement des capacités de défense nationale face aux menaces asymétriques, la diplomatie offensive pour clarifier les responsabilités régionales, la consolidation de l’État à travers des institutions plus efficaces et une meilleure présence territoriale.
« La stabilisation durable de l’Est ne saurait être réduite à une réponse militaire. Elle suppose une refondation stratégique intégrant justice, développement local, contrôle des frontières et réforme des circuits d’exploitation des ressources », a-t-il rappelé.
L’l’intervention du député national congolais a replacé la crise dans l’est du pays dans une perspective plus large. C’est celle d’un État en reconstruction, confronté à des intérêts transnationaux puissants, mais déterminé à défendre son intégrité territoriale et à transformer ses richesses en instruments de prospérité collective.
Son message est apparu comme un appel à la cohérence internationale, à la responsabilité des partenaires extérieurs et à l’unité nationale autour d’un projet souverain de développement. ACP/UKB

