Kinshasa, 20 février 2026 (ACP).- La géopolitique de conscience nationale et celle de l’intelligence stratégique ont été proposées comme solution à la crise en République démocratique du Congo, par un professeur, lors d’une conférence organisée jeudi à Kinshasa, dans le cadre du programme «Debout, peuple du Congo».
«Nous pensons qu’il n’y a que deux orientations géopolitiques pour la RDC. Premièrement, il faut au Congo une géopolitique d’intelligence stratégique, et deuxièmement, le pays a besoin d’une géopolitique de conscience nationale (…). Lorsqu’un État se dote d’une vision géopolitique, son objectif est de dominer, de conquérir le territoire et d’imposer sa personnalité sur l’échiquier mondial, pour ne pas dire international», a déclaré le Pr. Patrick Lossongo Lossiyo, chef du département des Relations internationales à l’Université pédagogique nationale (UPN).
Il a fait savoir, au cours de cette conférence ayant pour thème: «Quelle géopolitique pour la RDC?», que la géopolitique de l’intelligence stratégique est celle d’un Congo meilleur, où régnerait un bonheur collectif et partagé.
«Mais nous ne pouvons pas avoir le Congo de nos espoirs si le Congo n’est pas d’abord le Congo de nos batailles intellectuelles», a martelé le Pr. Lusonge.
Pour ce chef du département des Relations internationales, laconscience nationale n’est pas un mot, c’est l’âme d’un peuple. « Et c’est la conscience nationale qui doit devenir le ciment de notre existence comme peuple. Ce que nous voulons être, où nous voulons aller. Elle ne doit pas être une réalité conçue et pensée par les autres pour nous. Aucun peuple ne peut savoir ce qui est bien pour un autre peuple», a-t-il insisté.
Plaidoyer pour des états généraux de l’intelligence
Par ailleurs, le Pr. Lusonge a rappelé que le Congo appartient aux Congolais, ce qui constitue, pour lui, un «héritage à assumer».
«Ce pays est à nous et ce qu’il deviendra dépend de nous. La grandeur d’un peuple commence d’abord dans sa culture», a-t-il indiqué.
A cet effet, il a plaidé pour des états généraux de l’intelligence afin de placer le savoir au cœur des politiques publiques et rompre avec une gouvernance qualifiée de déraisonnable.
Le Chef de département a estimé que le pays traverse une « crise d’intelligence » et appelé à une refondation intellectuelle et stratégique pour en faire un État pivot dans la région des Grands Lacs.
«Si nous convoquons les états généraux de la raison, les états généraux de l’intelligence, les états généraux du savoir, on peut indiquer la voie à ce pays. On peut démontrer aux autres que les Congolais ne savent pas simplement danser. Parce qu’il n’y a pas des universités en Afrique où vous ne trouverez pas un professeur congolais. Vous ne pouvez pas avoir besoin de l’intelligence d’un peuple et continuer à négliger ce peuple. Et la géopolitique de l’intelligence stratégique, c’est la géopolitique d’un Congo meilleur», a renchéri le Pr Patrick Lusonge.
Pour sa part, Emmanuel Kabongo, professeur à l’Université de Kinshasa, initiateur du programme «Debout, peuple du Congo», a précisé que ces conférences ont pour but de réveiller la conscience du peuple congolais.
«Nous avons organisé ces journées pour réveiller le peuple congolais. Réveiller un peuple qui souffre, le rendre conscient de sa souveraineté. La souveraineté d’un peuple signifie tout simplement que le peuple est propriétaire du sol et du sous-sol et qu’en conséquence, en tant que propriétaire du sol et du sous-sol, il désigne, il élit ses dirigeants», a-t-il conclu. ACP/ODM

