RDC : la lecture stylistico-statistique d’une oeuvre romanesque, objet d’une thèse doctorale

Kinshasa 21 janvier 2026 (ACP). Les perspectives des recherches menées dans les grandes tendances de la stylistique dans le contexte de la linguistique moderne, a fait l’objet soutenance d’une thèse de doctorat, mercredi, à l’Université pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Cette thèse s’inscrit dans la perspective des recherches menées, développées et défendues dans les grandes tendances de la stylistique née dans le contexte de la linguistique moderne dont le précurseur est Ferdinand de Saussure. Charles Bally, disciple de Ferdinand de Saussure, fonde la stylistique en 1905 et la théorise en 1909 dans son Traité de style français », a déclaré l’auteur de la thèse, M’ Godefroid Mazambi Kitoga.

Intitulée « Lecture stylistico-statistique de l’œuvre romanesque de Charles Djungu-Simba », ce travail scientifique a également visé à combler le vide des recherches orientées vers les seuls thèmes de l’œuvre romanesque de l’auteur, au détriment des aspects de l’écriture, dimension pourtant indispensable de toute œuvre littéraire.

« Si nous avons choisi d’analyser cette œuvre dans les perspectives stylistique et statistique à la fois, c’est pour combler ce vide, cette faille décriée au Colloque d’Abidjan par Lylian Kestelot qui a martellé sur le fait qu’il n’y a point d’œuvre littéraire sans la présence de l’art, donc des aspects de l’écriture. En plus, au moment où la quantification intervient avec efficacité dans le domaine des Lettres et Sciences Humaines, nous avons jugé utile, sinon indispensable de recourir à la statistique et l’appliquer de bout en bout à notre recherche pour confirmer davantage la scientificité de notre analyse », a martelé Mazambi

« Nous avons divisé notre recherche en quatre (04) parties au travers desquelles les statistiques sont intervenues de façon régulière: la première partie est intitulée Structure de l’œuvre, la deuxième partie Choix de l’auteur sur les ressources de la langue, la troisième Ecarts ou déviations linguistiques et la quatrième et dernière partie Signification de l’oeuvre », a fait savoir le récipiendaire.

Pour l’auteur, les aspects de l’écriture identifiés et étudiés, en termes d’occurrence, font remarquer que l’onomastique fictionnelle prend la place de tête avec 22% suivie des figures du discours.

« Les intertextes et l’onomastique réelle présentent presque la même importance avec un faible écart de 2%. Le roman même historique à l’analyse reprend certains faits et cadre spatio-temporel, profondément brassés par la fiction. Là est la démarcation nette entre l’historien, le sociologue ou l’économiste et l’écrivain qui fait œuvre d’art en jouissant d’une grande liberté dans sa construction romanesque donnant libre cours à son imagination. La connotation l’emporte ainsi sur la dénotation et la fiction supplante la réalité rapportée », a-t-il conclu.

Cette thèse a valu au candidat le grade de docteur en lettres et civilisation françaises, avec mention « la plus grande distinction « .

ACP/C.L.

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