RDC : la persistance des conflits armés dans l’Est, objet d’une thèse

Kinshasa, 16 avril 2026 (ACP).- La persistance des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo, confrontée à la guerre d’agression menée par la coalition armée rwandaise et M23-AFC, a fait l’objet d’une soutenance de thèse doctorale, mercredi, à l’Université pédagogique nationale (UPN) à Kinshasa.

« Face aux guerres répétées en RDC, cette étude a eu pour objectif de guider les discussions sur les méthodes de règlement à adopter pour parvenir à une solution durable, et de formuler des recommandations visant non seulement à mettre fin aux conflits, mais aussi à réduire le risque de leur réapparition à l’avenir », a déclaré le chef de travaux Caleb Nyangasa, auteur de la thèse.

« Le conflit en RDC est un conflit non idéologique qui oppose des acteurs étatiques et non étatiques, avec des revendications politiques dissimulant des intérêts économiques. De ce fait, il échappe à une classification dans une théorie générale, mais peut être interprété à travers diverses théories locales », a-t-il poursuivi.

Intitulé « Les conflits armés à l’Est de la RDC de 1994 à 2024 : enjeux géopolitiques et mécanisme de régulation », cette étude a révélé que la guerre dans l’Est de la RDC ne se résume pas à des affrontements locaux ou « ethniques ».

« Les enjeux réels sont profonds, imbriqués, et largement régionaux et internationaux. Ils tournent autour des ressources naturelles. Le contrôle des zones minières permet aux groupes armés d’obtenir l’argent, le pouvoir et l’influence. Cette entreprise regroupe des groupes armés, des élites locales, mais aussi des réseaux étrangers qui profitent de l’exploitation illégale », a-t-il fait savoir.

Le récipiendaire a indiqué, en outre, que la persistance des conflits armés dans l’Est de la RDC s’explique principalement par la combinaison de facteurs géopolitiques régionaux, d’intérêts économiques liés à l’exploitation des ressources naturelles et de la faiblesse des mécanismes de régulation politique et sécuritaire.

Par ailleurs, le chef des travaux Nyangasa a soutenu que cette situation est fortement liée à l’implication directe ou indirecte de certains États voisins, notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, dont les intérêts sécuritaires et stratégiques influencent la dynamique du conflit.

Face à ce tableau peu reluisant, il a proposé une série d’actions endogènes et pilotées par les Congolais ainsi que des actions exogènes et garanties par la communauté internationale, notamment l’ONU et d’autres organisations régionales, pour une paix durable.

Après débat et délibération, Caleb Nyangasa a été proclamé docteur en sciences politiques et administratives avec mention «grande distinction». ACP/JF

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