RDC : la prise en charge des transports publics préconisée par l’État congolais

Kinshasa, 07 juillet 2026 (ACP).- La prise en charge des transports publics, de l’école, de la santé et de la sécurité a été préconisée mardi par l’État congolais, lors de la deuxième journée de la session extraordinaire de la Conférence des présidents des Assemblées provinciales organisée à Kinshasa, en République démocratique du Congo( RDC).

« Nous n’avons pas encore collectivement construit un État au sens où l’État prend en charge la santé, les transports publics, l’école, la sécurité. En Occident, ces secteurs coûtent très cher mais sont subventionnés, avec des mutuelles. Nous n’avons pas encore réussi à créer cet État. C’est l’objectif que nous poursuivons avec le Président de la République, les gouvernements, et avec vous aussi, parce que vous contribuez à la gestion du pays », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias.

 « Quand le peuple a un problème, c’est vers vous qu’il se tourne en premier. Le peuple ne connaît pas les membres du gouvernement, ni provincial, ni national, d’abord. Il vous connaît. C’est vous qui êtes allés demander son suffrage. Et on ne peut pas demander les suffrages du peuple sans montrer un leadership dans la connaissance de ses besoins, et sans montrer comment, à travers vos prérogatives, vous vous engagez pour mériter sa confiance », a-t-il indiqué.

Pour le ministre Muyaya, il est important d’avoir un cadre comme celui-ci qui montre la symbolique de ce que représentent les élus provinciaux, avant de s’interroger sur la compréhension des enjeux nationaux par les populations.

 « Est-ce que les habitants du territoire de Madimba, dans le Kongo Central, comprennent ce qui se passe dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu ? Est-ce qu’un citoyen de Dilolo, dans le Lualaba, comprend ce qui se passe à Budjala ? », s’est-il questionné, insistant sur le rôle de la communauté dans la détection des épidémies, citant le professeur Jean-Jacques Muyembe.

 « L’alerte vient d’abord de la communauté, pas de la zone de santé. En Ituri, certains ont d’abord pensé à du poison ou à un mauvais sort lié à une histoire de cercueil, sans penser à une épidémie. Ebola, c’est la 17 ème épidémie. Pour cette souche, on dit qu’il n’y a pas de vaccin, pas de traitement. Mais nous avons vaincu Ebola 15 fois dans ce pays. La clé, c’était la sensibilisation et la communication au niveau de la communauté », a rappelé le porte-parole du Gouvernement.

L’intégration des élus dans l’engagement communautaire recommandée

Le ministre Muyaya a, à cette occasion, plaidé pour l’intégration des élus provinciaux et nationaux dans la stratégie d’engagement communautaire.

« Comment engager la communauté si nous ne disposons pas d’une plateforme intégrant d’abord les élus provinciaux, ensuite les élus nationaux ? », a-t-il interrogé, tout en évoquant les conflits communautaires en Ituri, avant de souligner que les sensibilités locales exigent des relais locaux.

Il a enfin appelé à l’unité et à la responsabilité face aux querelles institutionnelles récurrentes entre assemblées et gouvernements provinciaux.

« Si la population perçoit un conflit qui ne porte pas sur l’amélioration de ses besoins, nous cassons la confiance. Le point central de toute communication, c’est la confiance que le peuple a en nous », a ajouté le ministre Muyaya, invitant chaque élu à parler des enjeux des Kivu, non pas comme une situation lointaine, mais comme une situation proche. ACP/L/B/N

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