Kinshasa, 6 Mai 2026 (ACP).- La prolifération rapide des établissements d’enseignement supérieur et universitaire dans la province de Tshuapa (nord-est) de la République démocratique du Congo et leur impact sur les compétences des diplômés, a fait l’objet d’une soutenance de thèse doctorale, mercredi à l’Université pédagogique nationale (Upn), à Kinshasa.
« Cette recherche prend appui sur le constat de la prolifération rapide des établissements d’ESU, conjuguée à des préoccupations croissantes relatives à la qualité des formations dispensées, notamment au regard de leur impact sur les compétences des diplômés et leur employabilité. Dans ce contexte, elle s’interroge sur la manière dont les acteurs éducatifs et socioprofessionnels perçoivent et évaluent l’efficacité externe de ces établissements », a déclaré le chef des travaux Mathieu Lofula, auteur de la thèse.
Cette étude, intitulée « efficacité externe des établissements d’enseignement supérieur et universitaire de la province de la Tshuapa regards triangulés des acteurs éducatifs et socioprofessionnels », a eu pour objectif principal de dégager une appréciation globale de l’efficacité externe des établissements étudiés, d’identifier les facteurs explicatifs de cette efficacité et de proposer des pistes d’amélioration susceptibles de renforcer la qualité et la compétitivité du système d’enseignement supérieur.
Les résultats de cette recherche ont révélé que l’efficacité externe des établissements de l’enseignement supérieur et universitaire de Tshuapa est globalement perçue de manière négative par les acteurs interrogés.
« Cette perception se traduit par une inadéquation notable entre les formations dispensées et les exigences du marché de l’emploi, une faible capacité d’adaptation professionnelle des diplômés, ainsi qu’une performance jugée limitée dans les milieux socioprofessionnels », a fait savoir le récipiendaire.
Par ailleurs, M. Lofula a soutenu que les analyses mettent en évidence une relation significative entre cette inefficacité et plusieurs défaillances internes, telles que l’insuffisance des infrastructures, la faible qualification du personnel enseignant, les problèmes de gouvernance institutionnelle et le non-respect des normes académiques.
Face à ce tableau peu reluisant, l’impétrant a proposé un modèle explicatif de l’efficacité externe des établissements l’enseignement supérieur, fondé sur une approche systémique articulant les conditions institutionnelles, les pratiques pédagogiques, les compétences acquises et l’insertion socioprofessionnelle des diplômés.
Après débat et délibération, Mathieu Lofula a été proclamé docteur en pédagogique scolaire avec mention « grande distinction ».
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