RDC : « la révision constitutionnelle n’est ni un crime, mais un texte évolutif » (Un docteur en SIC)

Kinshasa, 4 avril 2026 (ACP).- La révision constitutionnelle n’est ni un péché ni un crime ; mais un texte évolutif appelé à s’adapter aux mutations de la société, a indiqué samedi un nouveau docteur en communication lors d’une soutenance à l’Université des Sciences de l’information et de la Communication (Unisic).
« Je tiens à souligner que la révision constitutionnelle n’est ni un péché ni un crime contre l’État. En effet, la Constitution elle-même prévoit les mécanismes de sa propre révision. Néanmoins, chaque fois que cette question s’invite dans l’espace public, elle suscite des contestations et des tensions entre la majorité au pouvoir, l’opposition et la société civile. Certaines opinions estiment que la Constitution est un texte évolutif, appelé à s’adapter aux mutations de la société. Toute société évolue, ce qui suppose une adaptation de ses normes fondamentales », a déclaré Fabrice Akaa, auteur de la thèse.
À l’en croire, la véritable question n’est pas celle de la révision constitutionnelle, mais plutôt celle de savoir comment l’aborder sans compromettre les acquis démocratiques obtenus au fil des années. Il a suggéré que le pouvoir en place puisse trouver des mécanismes efficaces de communication politique pour encadrer ce débat.
« Dans mon travail, j’ai analysé deux contextes politiques distincts : celui du pouvoir de Joseph Kabila et celui de Félix-Antoine Tshisekedi. Dans ces deux périodes, la question de la révision constitutionnelle s’est posée avec acuité. Mon étude de terrain m’a permis d’identifier les modes de prise de position du public. Généralement, lorsque les acteurs politiques développent leurs discours pour influencer l’opinion publique en faveur d’une révision constitutionnelle, ils négligent souvent la perception du public. Or, celle-ci est essentielle », a martelé le récipiendaire.
Et d’ajouter : « Mes recherches ont ainsi révélé cinq modes de prise de position. Une enquête a permis de dégager les tendances et leur répartition à travers les différentes provinces. Il est difficile d’éviter la question de la révision constitutionnelle dans notre pays ; elle reviendra inévitablement, tôt ou tard ».
Par ailleurs, l’impétrant a dissipé tout malentendu sur un quelconque soutien politique dans un contexte où ce débat suscite de vives réactions au sein de l’opinion.
« Il ne s’agit nullement d’une commande politique. Je ne collabore pas avec des acteurs politiques et je n’appartiens à aucun parti politique. Je suis avant tout un scientifique. Le rôle du scientifique est d’observer la société et d’analyser les faits. J’ai simplement constaté qu’à chaque second mandat d’un pouvoir politique, la question de la révision constitutionnelle se pose. (…) Il s’agit donc d’une réflexion scientifique menée avec objectivité, dans laquelle je propose une nouvelle théorie que j’appelle la théorie des modes de prise de position, connectée aux modes de réception et validée empiriquement », a-t-il fait savoir.
L’intervenant a expliqué qu’en RDC, les décisions politiques sont souvent prises sans consultation préalable des travaux scientifiques. Il a ajouté que les chercheurs produisent pourtant des analyses capables d’éclairer l’action publique, et qu’il appartient désormais aux responsables politiques de s’approprier ces résultats et d’adapter leur discours, notamment sur des questions sensibles comme la révision constitutionnelle.
Une note de grande distinction a été accordée au récipiendaire, qui s’est vu décerner le grade de « docteur en sciences de l’Information et de la Communication. Cette étude a été intitulée : « Communication politique et révision constitutionnelle en République démocratique du Congo ».
ACP/C.L.

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