Kinshasa, 21 août 2026 (ACP).- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo(RDC) a placé la transparence et la souveraineté minière au centre de sa réponse à une étude publiée le 30 juillet dans Nature Communications, évoquant la présence d’uranium dans certaines exportations d’hydroxyde de cobalt, selon un communiqué consulté vendredi par l’ACP.
Par le biais du ministère des Mines, l’exécutif congolais a indiqué avoir pris connaissance « avec la plus grande attention » de cette publication et des reportages qui l’ont accompagnée, estimant nécessaire d’apporter des clarifications à l’opinion nationale et internationale.
Il a également rappelé que la présence naturelle d’uranium dans les gisements cuprifères et cobaltifères du Lualaba et du Haut-Katanga constitue un phénomène géologique connu de longue date par l’administration minière congolaise.
Liée à la formation des minerais exploités dans cette partie du pays, cette présence « ne constitue, à elle seule, ni une anomalie ni le fruit d’une démarche intentionnelle, ni même une violation des engagements internationaux », a précisé le communiqué.
Des analyses pour établir les faits
Le Gouvernement a relevé que l’étude concernée ne repose pas sur des mesures directes réalisées sur les cargaisons effectivement exportées, les quantités avancées résultant, selon lui, d’une modélisation qui appelle une vérification contradictoire.
« Dans cette perspective, les autorités vont lancer une campagne d’analyses sur un échantillonnage représentatif des exportations d’hydroxyde de cobalt », a indiqué le communiqué, précisant que les examens vont être confiés à un laboratoire national et à un laboratoire international accrédité, selon un protocole transparent.
Cette démarche va associer les services techniques compétents, notamment le Cencpri et le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification, Ceec. Un groupe de travail interministériel va également être institué afin d’examiner les allégations, d’établir les faits, d’évaluer les risques sanitaires et environnementaux et de proposer les mesures appropriées. Son rapport est attendu dans un délai de soixante jours.
Le Gouvernement a, en outre, annoncé l’intensification des consultations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, Aiea, en vue d’un appui technique s’inscrivant dans le prolongement des mécanismes de coopération déjà existants.
Les conclusions des investigations « vont être rendues publiques, quelles qu’elles soient », dans le respect des dispositions légales relatives à l’accès à l’information publique, a assuré le gouvernement, considérant la transparence comme un facteur essentiel de crédibilité de la chaîne d’approvisionnement congolaise.
Le communiqué a également mis l’accent sur la protection de la santé des travailleurs miniers, des communautés riveraines et de l’environnement.
Un volet sanitaire et environnemental est ainsi intégré à la feuille de route arrêtée par les autorités afin de mieux encadrer les risques identifiés.
Acteur central de la transition énergétique mondiale, la RDC a, enfin, réaffirmé sa souveraineté sur ses ressources naturelles. « Le cobalt congolais va continuer à être extrait et exporté dans le respect des normes éthiques, environnementales et sanitaires les plus strictes », a souligné le Gouvernement.
ACP/PM

