RDC : le Forum du génie scientifique, révélateur et valorisateur des talents( Ministre de l’Enseignement supérieur)

Kinshasa, 4 septembre 2026 (ACP).- Le Forum du génie scientifique congolais a été considéré vendredi par la ministre de l’Enseignement supérieur comme un dispositif national de révélation et de valorisation du potentiel scientifique de la République démocratique du Congo (RDC), lors de la clôture de la 4ème édition dudit Forum à Kinshasa.

« Le Forum du génie scientifique congolais s’est imposé comme un dispositif national de révélation et de valorisation du potentiel scientifique. Il démontre que la RDC dispose des femmes et des hommes capables d’apporter des réponses aux défis de la santé, de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement et du numérique », a déclaré Marie-Thérèse Sombo, ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (Esursi).

Pour la ministre Sombo, ce Forum doit désormais être considéré comme un chaînon essentiel de la politique nationale de recherche, articulée avec les universités, les centres de recherche, les entreprises, les administrations publiques et les partenaires internationaux.

« La décoration des lauréats de la troisième édition 2025 constitue un acte de reconnaissance de la Nation. Elle consacre le travail, la créativité, la persévérance et la capacité à transformer une idée en contribution scientifique et technologique », a-t-elle ajouté.

Des distinctions assorties d’exigences scientifiques

S’adressant aux 50 lauréats, scientifiques qui ont reçu des médailles des ordres nationaux et des brevets du gouvernement congolais lors de la clôture de la 4ème édition du Forum du génie scientifique congolais 2026, Mme Sombo a indiqué que « les distinctions que vous recevez aujourd’hui vous obligent à renforcer la qualité méthodologique de vos travaux, à documenter vos résultats selon les standards internationaux, à protéger vos innovations, à rechercher les partenaires de maturation et à conduire vos solutions vers une utilisation effective, mesurable et reproductible ».

Cette reconnaissance publique, selon elle, doit s’accompagner d’une exigence d’intégrité, signifiant que le génie scientifique ne peut être valorisé que s’il repose sur des données fiables, le respect de l’éthique, la reconnaissance des contributions, la protection de la propriété intellectuelle et la transparence dans l’utilisation des ressources mobilisées.

« Je vous invite à considérer cette distinction comme un contrat moral avec la Nation. Ce que le pays célèbre aujourd’hui doit devenir demain un produit, un procédé, un service, une politique publique, une entreprise technologique, un brevet, une publication crédible ou une solution accessible à nos populations. Passer du prototype à l’innovation déployée, c’est un impératif national. L’un des principaux défis de notre système reste le passage du prototype à l’innovation déployée », a soutenu la ministre de l’Esursi.

En outre, Marie-Thérèse Sombo a expliqué que trop de résultats prometteurs demeurent dans les laboratoires, les mémoires, les thèses ou les salles d’exposition, faute d’accompagnement technique, juridique, financier et entrepreneurial.

« Nous devons structurer une chaîne nationale de valorisation de vos études, comprenant l’identification des résultats, l’évaluation scientifique, la maturation méthodologique, la protection de la propriété intellectuelle, l’incubation, l’expérimentation, la certification, la recherche des financements et le transfert vers les secteurs utilisateurs. Cette chaîne suppose une meilleure articulation entre les universités, les instituts supérieurs, les centres de recherche, les entreprises, les administrations publiques, les partenaires financiers et les communautés bénéficiaires », a-t-elle dit, ajoutant qu’aucun de ces acteurs ne peut rien faire seul sans synergie d’efforts.

Invitation aux universités à détecter les talents

La ministre Sombo a, à cette occasion, invité les recteurs, les directeurs généraux et les responsables des institutions de recherche à ne pas considérer la participation au Forum comme une activité ponctuelle, mais à faire de chaque établissement un cadre de détection des talents, de soutien aux clubs et laboratoires d’innovation, d’encadrement des équipes, de documentation des résultats et de création de passerelles avec les secteurs productifs.

Elle a poursuivi que « les établissements doivent aussi protéger les jeunes chercheurs contre l’isolement, la captation de leurs idées et les partenariats déséquilibrés. Ils doivent mettre en place des règles claires sur la propriété intellectuelle, le partage des bénéfices, la gestion des données et la reconnaissance des contributions. La formation doit, elle aussi, évoluer. Le système Licence-Master-Doctorat (LMD) doit développer davantage la résolution de problèmes, la recherche appliquée, l’entrepreneuriat scientifique, le travail interdisciplinaire, le numérique, l’éthique et la capacité à transformer les connaissances en solutions ».

La valeur de cette quatrième édition, selon elle, dépendra du suivi qui lui sera donné. Les projets distingués et ceux présentant un potentiel avéré devront être classés selon leur niveau de maturité, leurs besoins, les risques à maîtriser et les partenaires susceptibles de les accompagner.

« Un tableau national de suivi sera mis en place, avec des responsabilités et des échéances précises. Une attention particulière sera accordée aux projets répondant rapidement aux besoins prioritaires et aux innovations des jeunes, des femmes et des provinces. Le Forum doit rester national dans sa présentation et ses retombées », a-t-elle soutenu, rendant hommage à la Première ministre et au Président Félix-Antoine Tshisekedi pour leur vision du développement du capital humain.

ACP/N

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