RDC : le renforcement de l’éducation aux médias, une stratégie pour une paix durable

Kinshasa, 29 septembre 2025(ACP).- Le renforcement de l’éducation aux médias et à l’information constitue l’une des stratégies pour construire une paix durable en République démocratique du Congo, a indiqué un professeur des universités, lundi à Kinshasa, lors d’une conférence-débat organisée par la Mission des Nations Unies.

‎‎« Lutter contre la désinformation et la manipulation en renforçant l’éducation aux médias et à l’information est l’une des stratégies pour bâtir une paix durable dans une nation », a déclaré Arthur Yenga, professeur et expert en Sciences de l’information et de la communication, lors de cette activité qui a porté sur la Résolution 2250 du Conseil de sécurité de l’ONU et sur l’impact de la désinformation et des discours de haine.

‎Selon lui, parler de la paix est une nécessité pour la RDC, puisque le pays fait face à plusieurs défis notamment l’insécurité, la pauvreté, le tribalisme et la corruption, ainsi que les discours de haine ethniques, qui menacent la stabilité de la paix.

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‎« En termes de réponse, j’ai formulé 5 stratégies à mettre en œuvre pour une paix durable, à savoir : l’éducation à la paix en menant des actions de sensibilisation ; promouvoir la participation inclusive de tous ; inciter et promouvoir le dialogue communautaire ; lutter contre la désinformation et la manipulation ; justice sociale et équité. Ce qui est de l’apanage de l’État qui doit restaurer son autorité et renforcer la gouvernance ainsi que la lutte contre l’impunité, en réduisant le chômage et les inégalités d’accès aux services publics », a expliqué ce scientifique.

‎Pour le Professeur Arthur Yenga, en effet, la culture de la paix et la cohésion nationale ne se décrètent pas ; elles se construisent, jour à jour, par des actes concrets, des paroles responsables et des engagements durables.

‎« Que chacun reparte avec une conviction : la paix commence par soi, mais elle se réalise avec les autres », a-t-il ajouté.

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L’insécurité numérique de la femme, un frein au processus de paix

‎Vue des participants

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‎Pour sa part, Mme Elsi Lotendo, activiste féministe, a, dans son exposé, démontré que l’insécurité numérique (en ligne) que subi la femme peut enfreindre au processus de paix.  Selon elle, l’insécurité numérique, où il y a des cybers violences genrées mises en place pour faire taire les femmes, a un impact énorme sur ces dernières.

« L’insécurité numérique des femmes peut enfreindre au processus de la paix. Il y a une recherche scientifique qui affirme qu’une femme sur cinq rapporte avoir fermé son compte en ligne par peur d’harcèlement. Cette insécurité provoque la restriction de l’espace civique alors que nous devons savoir que chaque voix de femmes que nous faisons taire en ligne est une opportunité de paix que nous perdons », a-t-elle dit.

‎‎A cet effet, elle a suggéré la mise en place des actions dont la sensibilisation sur l’éducation genrée à l’endroit des femmes pour leur montrer comment se défendre en cas de menace sur le numérique. ‎

‎Dans le même cadre, Halidou Ngapna, collaborateur au bureau conjoint des affaires humanitaires ONU/RDC, a défini le discours de haine comme des langages ou des attaques qui insultent et utilisent des mots péjoratifs contre une catégorie des personnes.

‎« La constitution garantie la liberté de l’expression mais le problème se pose lorsqu’il y a incitation à la violence, à la discrimination ou à l’hostilité.  Vous avez le droit de ne pas aimer une catégorie des personnes mais vous n’avez pas à le dire pour inciter ou discriminer », a-t-il indiqué.

‎Pour stopper le discours de haine, a-t-il suggéré, la première des choses c’est de ne pas faire le relais (diffusion) et prendre de la distanciation. Ensuite, c’est de se questionner soi-même ou avec les autres pour voir si le message respecte ou pas les lois du pays et règlements internationales ; et enfin échanger avec des structures qui luttent contre le discours de haine.

‎Cette conférence qui a connu la présence de plusieurs jeunes et acteurs de la société, a été organisée dans le cadre de la clôture de la célébration du mois de la paix 2025. Elle a porté sur le thème : « L’Atelier de formation et conférence-débat sur la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Culture de la paix et l’impact de la désinformation et des discours de haine sur la paix et les droits humains ». ACP/C.L.

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