Kinshasa 22 janvier 2026 (ACP). Les facteurs explicatifs du retrait organisationnel des médecins de la division provinciale de la santé du Haut Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a fait l’objet, mercredi, d’une thèse de doctorat soutenue à l’Université pédagogique nationale (UPN).
« Cette thèse analyse les facteurs explicatifs du retrait organisationnel des médecins au sein de la Division Provinciale de la Santé du Haut-Katanga, en République Démocratique du Congo, dans un contexte marqué par des contraintes socio-économiques, institutionnelles et sanitaires persistantes. Elle s’inscrit dans une perspective de gestion des ressources humaines visant à comprendre les mécanismes du désengagement professionnel dans un système de santé confronté à une pénurie structurelle de personnel médical et à une forte pression de soins », a déclaré chef de travaux Moutard Masengo, auteur de la thèse.
D’après le récipiendaire, les résultats montrent que le retrait organisationnel des médecins se manifeste sous des formes distinctes et complémentaires, incluant à la fois des intentions de départ de l’organisation et des comportements de désengagement professionnel tels que l’absentéisme ou la baisse d’implication au travail.
« Ces manifestations varient selon les caractéristiques individuelles des médecins et selon les conditions de travail perçues. Les facteurs majeurs identifiés incluent la précarité des conditions de travail matérielles et psychologiques, l’insuffisance des politiques de rémunération, le déficit d’équipements médicaux, les perspectives limitées de développement professionnel, le faible soutien administratif, la surcharge de travail et les difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée. A ces éléments s’ajoutent des facteurs socioculturels, tels que les logiques de favoritisme, les réseaux informels et certaines résistances aux réformes organisationnelles, qui renforcent les perceptions d’injustice et de marginalisation », a révélé l’impétrant.
Sur la base de ces constats, le chef de travaux Moutard Masengo a proposé un modèle de rétention organisationnelle axé sur l’amélioration des conditions de travail, le renforcement du soutien organisationnel, la valorisation des carrières médicales et la reconnaissance professionnelle.
Des recommandations opérationnelles ont été formulées afin de contribuer à la réduction durable du retrait organisationnel et au renforcement du système de santé du Haut-Katanga.
« En définitive, cette thèse constitue une base solide pour informer les décisions publiques matière de gestion du personnel médical, et milite en faveur d’une gouvernance humaine, équitable et durable des ressources humaines en santé, condition sine qua non d’une amélioration structurelle du système sanitaire congolais », a-t-il conclu.
C’est sur une note de plus grande distinction que Moutard Masengo Mbuyu a été proclamée docteur en sciences de gestion.
ACP/C.L.

