Kinshasa, 25 mai 2026 (ACP).-Le ministère de la Formation professionnelle a réaffirmé, lundi, son rôle de régulation, d’organisation et de coordination du secteur de la formation professionnelle en République démocratique du Congo, lors d’une plénière à l’Assemblée nationale consacrée, notamment aux mécanismes d’encadrement des jeunes et à l’employabilité.
«La première thématique souvent évoquée concernait le rôle du ministère de la Formation professionnelle et la dissémination de la formation professionnelle à travers plusieurs ministères. À ce sujet, je voudrais préciser que le secteur de la formation professionnelle s’étend effectivement à plusieurs ministères, notamment les ministères des Affaires étrangères, de la Jeunesse, des Personnes vivant avec handicap, de la Culture ainsi que de l’Emploi. Dans cet écosystème, mon ministère joue essentiellement un rôle de régulation, d’organisation et de coordination», a déclaré Marc Ekila, ministre d’Etat de la Formation professionnelle.
Devant les élus nationaux, il a affirmé que son ministère assure principalement la coordination et la régulation de cet écosystème, avant d’indiquer que les documents de la Politique nationale de la formation professionnelle couvrant la période 2025-2033, prévoient un cadre de concertation destiné à assurer une meilleure organisation du secteur.
Abordant la question de l’encadrement des jeunes communément appelés «Kuluna», Marc Ekila a affirmé que son ministère a mis en place des mécanismes d’intervention axés sur la réinsertion, la formation aux compétences professionnelles ainsi que la prévention de la délinquance.
Selon lui, plusieurs initiatives de formation gratuite ont déjà été engagées grâce à des partenariats public-privé conclus avec différents partenaires, permettant la prise en charge de nombreux jeunes, particulièrement dans la ville de Kinshasa.
À titre d’exemple, le ministre de tutelle a notamment cité la société «Sojeref», qui a accueilli 22 jeunes en formation, ainsi que l’établissement «Côte Suprême», spécialisé dans la maintenance des bus de transport, qui en a pris en charge 11 jeunes.
L’insuffisance des moyens financiers, principal défi
Par ailleurs, le ministre Ekila a toute fois, reconnu que l’insuffisance des moyens financiers demeure le principal défi auquel son ministère fait face dans la mise en œuvre de ses ambitions, avant de soutenir que la formation professionnelle constitue un levier essentiel de lutte contre le chômage et l’exclusion sociale.
Concernant la problématique de l’envahissement du marché de l’emploi par des compétences extérieures, il a rappelé qu’avec l’appui du cabinet du Chef de l’État, le Gouvernement a obtenu, depuis le 11 juillet 2025, le principe d’intégration obligatoire d’un volet de formation professionnelle dans tous les projets structurants réalisés en RDC.
Selon cette orientation, les projets concernés devront prévoir des ressources destinées à la construction des centres de formation ainsi qu’au financement des programmes de formation professionnelle au profit des Congolais.
Évoquant la distinction entre la formation professionnelle et l’enseignement technique, le ministre a expliqué que la formation professionnelle constitue «l’antichambre de l’employabilité», en ce qu’elle permet l’acquisition des compétences directement exploitables sur le marché du travail.
«Contrairement à l’enseignement technique davantage orienté vers les connaissances théoriques, la formation professionnelle combine théorie et pratique, permettant ainsi aux apprenants d’intégrer directement le monde du travail après leur formation», a précisé Marc Ekila.
Le ministre a également rappelé avoir présenté, lors du Conseil des ministres du 13 septembre 2024, un plan de construction des instituts de formation professionnelle de niveau supérieur, avant d’annoncer, le 15 janvier 2025, un programme de construction des centres moyens de formation professionnelle à travers les 26 provinces du pays. ACP/

