Kinshasa, 2 mai 2026 (ACP)*. – Les professionnels des médias ont été appelés, samedi, au respect des règles et de l’éthique journalistique lors d’une marche de sensibilisation à la liberté de la presse organisée à Kinshasa, en République démocratique du Congo, la Tribune des Femmes des Médias (TFM), sous le thème : « Le rôle crucial des médias, comme 4ᵉ pouvoir, pour la paix et la résilience : comment construire un avenir de paix durable ? ».
« En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous, femmes journalistes, élevons nos voix pour rappeler que l’information est une responsabilité, et non un simple contenu à consommer. Nous appelons tous les professionnels des médias, ainsi que les utilisateurs des réseaux sociaux, au respect des règles et de l’éthique journalistique », a déclaré Rachel Shako, présidente de la TFM.
Elle a souligné qu’aujourd’hui, l’information circule massivement sur les réseaux sociaux, mais trop souvent en dehors des normes professionnelles qui garantissent sa crédibilité et sa fiabilité .
« Il est temps de rappeler à l’ordre non seulement certains professionnels des médias, mais aussi tous ceux qui s’improvisent journalistes sans en respecter les principes fondamentaux. Le journalisme n’est pas un métier à banaliser : c’est une profession noble, exigeante, qui repose sur l’éthique, la rigueur et la vérité », a-t-elle ajouté.
Selon elle, il est impératif de remettre les pendules à l’heure en réaffirmant que la mission du journaliste est de former, d’informer et d’éduquer la société .
Poursuivant son intervention, Mme Shako a insisté : « Cette mission est essentielle, car une société bien informée est une société plus juste, plus consciente et plus forte. Nous insistons aujourd’hui sur l’usage responsable des réseaux sociaux, qui doivent être encadrés et utilisés avec discernement pour éviter les dérives ».
Elle a également mis en garde contre les dangers de la désinformation qui est ,selon elle, un danger réel, qui fragilise le rôle de quatrième pouvoir et freine le développement du pays .
Évoquant la célébration du travail, elle a rappelé l’importance du bien-être des professionnels :
» Travailler est essentiel, mais préserver sa santé l’est tout autant. Un journaliste engagé est un journaliste en bonne santé, capable de servir durablement la vérité et l’intérêt public ».
Enfin, elle a exprimé sa reconnaissance envers les partenaires ayant soutenu cette initiative, notamment l’Union nationale des cameramen du Congo (Uncc)et l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC),présentes sur le lieu .
*un appel mondial au respect du métier de journaliste à l’ère du numérique*
« Nous nous sommes mobilisés pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse. Aujourd’hui, avec la vitesse du numérique, tout le monde peut produire du contenu médiatique. Cependant, le contenu produit par un journaliste professionnel doit se distinguer par sa précision, sa rigueur et le respect des bonnes mœurs. C’est dans ce sens que j’appelle le monde entier à respecter le travail du journalisme, qui demeure un métier noble. Il mérite considération et respect de la part de tous », a déclaré Jasbey Zegbia, secrétaire général de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC).
Il a précisé que cette édition est placée sous le signe de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle, dans un contexte où l’information circule à une vitesse telle qu’il devient difficile de distinguer un contenu médiatique d’un simple contenu publié.
Face à cette réalité, il a appelé à un retour aux fondamentaux du métier
« Nous devons démontrer au monde entier que l’information obéit à des normes. Elle est encadrée par des règles déontologiques. Une image, en soi, constitue déjà une information complète et doit être traitée comme telle. »
Abordant les activités en cours, il a annoncé que, depuis le 30 avril, l’UNPC a lancé les activités du mois de la liberté de la presse, qui se poursuivront jusqu’au 30 mai, avec plusieurs initiatives prévues.
Sur le plan national, il a évoqué le contexte sécuritaire, soulignant que l’UNPC a initié la signature d’une charte visant à encourager les journalistes à accompagner le pouvoir public dans la guerre d’agression imposée à la RDC.
Il a, par ailleurs, déploré les actes de vandalisme dans l’Est du pays qui est en proie à des actes de vandalisme. « L’UNPC en a été victime, notamment avec la destruction de ses sièges à Goma, à Bukavu et à Okwira durant leur occupation », a-t-il conclu. ACP/C.L.

