RDC : l’inclusion financière, un levier déterminant de croissance des PME du Maniema (Une thèse)

Kinshasa, 12 septembre 2026 (ACP).- L’inclusion financière constitue un levier déterminant de la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) dans la province du Maniema, dans l’Est de la République démocratique du Congo), selon les résultats d’une thèse de doctorat soutenue samedi à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.

« Réalisée sur un échantillon de 727 PME, l’étude met en évidence l’importance de l’accès aux services financiers formels et informels dans le développement des entreprises. Les crédits bancaires, les services des institutions de micro finance, ainsi que les mécanismes communautaires d’épargne et de crédit, notamment les Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), apparaissent comme des instruments essentiels au financement des activités économiques », a déclaré le chef de travaux Jonh Kabuluta.

Selon l’auteur de la thèse, les résultats montrent notamment que la détention d’un compte bancaire ou auprès d’une institution de micro-finance, l’accès au crédit, l’appartenance à un réseau entrepreneurial, l’élaboration des états financiers, la formation en gestion, l’innovation et l’utilisation des services financiers numériques influencent positivement la probabilité de croissance des PME.

M. Kabuluta  a, toutefois, relevé que la formalisation demeure l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les PME du Maniema, confirmant que l’informalité limite notamment l’accès aux financements structurés, à la formation en gestion et aux réseaux économiques, même si les entreprises concernées font preuve d’une capacité d’adaptation leur permettant de maintenir une certaine dynamique de croissance.

« Par ailleurs, les pratiques managériales et les capacités d’innovation restent insuffisamment développées. La formation des entrepreneurs, la planification stratégique, l’élaboration des états financiers et le renforcement des réseaux entrepreneuriaux sont ainsi présentés comme des conditions importantes pour améliorer la performance et la pérennité des PME », a ajouté le récipiendaire.

La thèse a également souligné le rôle de la micro-finance locale, à travers des institutions telles que Cadeco, Guilgal et Smico, dans le financement des activités économiques, particulièrement au bénéfice des populations vulnérables. Elle recommande en outre, une amélioration de la gestion des risques, des mécanismes de garantie et des infrastructures, ainsi qu’une adaptation des produits financiers aux réalités locales.

Des recommandations pour renforcer la croissance des PME

Par ailleurs, l’étude a préconisé des politiques publiques ciblées en faveur de la formalisation des PME, de l’accès au crédit, de l’innovation et du développement des compétences entrepreneuriales.

« L’intégration accrue des technologies financières numériques et le renforcement des partenariats entre acteurs publics, institutions financières et entrepreneurs sont également présentés comme des pistes susceptibles d’élargir l’impact de l’inclusion financière », a recommandé le chef des travaux.

Cette recherche conclut que la croissance des PME au Maniema ne repose pas sur un facteur unique, mais sur une combinaison de déterminants financiers, organisationnels et entrepreneuriaux, dans un environnement économique marqué par d’importants défis institutionnels.

C’est avec mention « la plus grande distinction » que le chef de travaux John Mabuluta a été proclamé docteur en sciences de gestion, au terme de la soutenance de sa thèse consacrée aux déterminants de la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) dans la province du Maniema.

ACP/ Nsi.

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