RDC : Modeste Bahati démissionne de son poste de deuxième vice-président du Sénat

Kinshasa, 19;mars 2026 (ACP).- Le sénateur Modeste Bahati a officiellement déposé, mercredi au bureau du Sénat de la République démocratique du Congo (RDC), sa démission du poste de deuxième vice-président du Sénat de la Chambre haute du Parlement congolais, selon la copie de sa lettre consultée par l’ACP.

« À la suite du climat politique actuel et pour préserver la sérénité des travaux au sein de notre prestigieuse institution, j’ai décidé de remettre mon mandat de deuxième vice-président à la disposition du Bureau », a écrit l’élu des élus du Sud-Kivu, Est du pays, dans sa lettre adressée au Président du Sénat, Jean-Michel Sama.

La démission de Bahati Lukwebo intervient alors que le Sénat s’apprêtait, ce même mercredi, à mettre en place une commission spéciale chargée d’examiner une pétition visant sa déchéance. Déposée le lundi 16 mars, cette pétition avait recueilli un soutien massif avec 83 signatures sur les 109 sénateurs que compte la chambre, rendant sa position au sein du Bureau pratiquement intenable.

Le déclin politique de celui qui fut autrefois président du Sénat a commencé le 4 mars 2026. Lors d’un point de presse, Modeste Bahati avait, en effet, tenu des propos jugés ambigus voire hostiles, à l’égard d’un projet de révision constitutionnelle porté par une partie de la majorité présidentielle. Il avait notamment déclaré qu’il fallait « changer les mentalités avant de changer les textes ».

Bien qu’il ait présenté des excuses officielles le 10 mars et clarifié sa position en réaffirmant sa loyauté au Chef de l’État, la machine politique s’était déjà mise en branle, le groupe de sa plate-forme à la Chambre haute du Parlement l’a désavoué et une motion à été initiée contre lui.

Ses détracteurs l’ont accusé d’ «incompétence » et de « manque de solidarité » avec la vision de la coalition au pouvoir. 

Le départ de Modeste Bahati du bureau du Sénat laisse un vide au sein de cette structure. Conformément au règlement intérieur, une nouvelle élection devra être organisée pour combler le poste de deuxième vice-président laissé vacant par cette démission.

Ce changement intervient dans un contexte où les débats sur la révision constitutionnelle et les réformes institutionnelles dominent l’agenda politique de la RDC.

Pour de nombreux observateurs, cette démission marque un tournant dans la carrière de ce « poids lourd » de la politique congolaise, dont l’influence semble aujourd’hui mise à rude épreuve par les dynamiques internes de l’Union sacrée de la nation, la plateforme politique présidentielle.

Cette annonce de démission de Bahati met fin à une semaine de tensions extrêmes et d’incertitudes au sein de ce regroupement politique au pouvoir en RDC. ACP / 

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