Kinshasa,27 mai 2026(ACP).-La communauté universitaire et scientifique de la République démocratique du Congo (RDC) a été interpellée mercredi sur la nécessité de la révision constitutionnelle pour promouvoir certains acquis de ce secteur lors de l’ouverture d’un Congrès
à l’Université Officielle de Mbuji-Mayi(Centre de la RDC) , a-t-on appris de source officielle.
«Et c’est ici que je veux poser une question que je porte personnellement :
Pourquoi pas réviser aussi notre Constitution pour le Congo du troisième millénaire ?Je ne le dis pas par posture politique. Je le dis par cohérence.
Une constitution est le socle qui dit ce que la nation choisit de protéger et de promouvoir. Aujourd’hui, notre loi fondamentale dit peu du rôle stratégique du savoir, de la recherche et de l’université dans la souveraineté nationale. Elle ne consacre pas explicitement le droit à la mobilité académique. Elle ne garantit pas un cadre d’autonomie responsable et de financement durable pour nos établissements», a déclaré la Professeure Marie -Thérèse Sombo, Ministre de l’Enseignement supérieur universitaire, recherche scientifique et innovations ( ESURSI).
«Or, si nous voulons que l’accord RDC-USA produise des résultats, si nous voulons que la ratification de l’UNESCO ne reste pas un acte symbolique, il faut ancrer ces objectifs au plus haut niveau de notre ordre juridique. Il faut que la Constitution du Congo de demain dise clairement : la République investit dans la science, protège la liberté académique, et fait de l’université un pilier de son développement et de sa sécurité»,a -t- elle ajouté.
Réviser la Constitution, selon elle, ce n’est pas effacer l’histoire. C’est écrire la condition juridique du devenir national dont parle le thème principal de ce premier Congrès d’Études congolaises, organisé à Mbuji-Mayi sur « Demain le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national ».
C’est donner ,a-t-il poursuivi, à la conscience historique dont on parle aujourd’hui la capacité de se transformer en action politique et économique.
«Cette révision ne se fera pas contre les universités, ni contre les étudiants, ni contre les enseignants. Elle se fera avec vous.Car l’université représente une opportunité exceptionnelle de dialogue entre le savoir, les décideurs publics et les acteurs sociaux. Les échanges qui se tiendront ici doivent déboucher sur des propositions concrètes, capables d’accompagner le Congo plus loin, plus vite, plus fort», a signifié la Ministre de l’ESURSI.
Le rôle de gouvernance des savoirs pour construire le Congo évoqué
Par ailleurs, la Ministre de l’ESURSI a fait savoir que le Congo du troisième millénaire ne se construira pas sans une gouvernance des savoirs à la hauteur.
«Cela veut dire trois choses concrètes :
Une université utile et exigeante : qui forme des compétences alignées sur nos besoins miniers, agricoles, sanitaires, numériques, et qui évalue la qualité sans complaisance.Une recherche au service du pays : financée, valorisée, protégée, et connectée aux priorités nationales. La recherche pour la recherche a vécu. La recherche pour transformer le pays commence maintenant.Une gouvernance rénovée : transparente, redevable, ouverte au dialogue avec les étudiants, le secteur privé et les partenaires.L’université ne peut plus fonctionner en vase clos»,a expliqué la Professeure Sombo.
Elle a précisé que «Le Président de la République, Chef de l’État et Grand Chancelier des Universités et Instituts Supérieurs, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a fait de la réforme de l’ESURSI un pilier de la refondation nationale, notamment à travers : la promotion de la recherche scientifique , la numérisation des établissements ,l’amélioration de la qualité de l’enseignement ,le renforcement de la coopération scientifique ainsi que la valorisation des résultats de la recherche au service du développement national».
Elle a réaffirmé que sa mission au ministère, sous la supervision de la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa, est de traduire cette vision en actes. «Mais aucune réforme ne tient sans vous, professeurs, chercheurs, étudiants.
Faites de ce Congrès un cadre d’actions concrètes : la République attend votre intelligence, votre rigueur et votre patriotisme. L’avenir dépend de notre capacité à produire des connaissances utiles, à innover et à former des élites engagées. Que ce rendez‑vous devienne une référence scientifique durable pour notre pays et pour l’Afrique», a-t-elle soutenu.
La Professeure Sombo a enfin, félicité le Recteur et le Comité de gestion de l’Université officielle de Mbuji‑Mayi pour avoir accueilli le premier Congrès d’études congolaises du 26 au 29 mai 2026 ,et pour l’entretien exemplaire des nouveaux bâtiments de l’ université, inaugurés par le Président de la République, témoignant de leur engagement envers la recherche et le bien commun.
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