Kinshasa, 21 octobre 2026 (ACP).- Près de sept Congolais sur dix vivent sous le seuil national de pauvreté, selon l’enquête sur les conditions de vie des ménages de 2024, une situation qui appelle au renforcement des politiques publiques et des investissements dans les services essentiels et les activités productives, selon le ministère du Plan de la République démocratique du Congo, lors d’une journée portes ouvertes tenue à Kinshasa, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.
« En République démocratique du Congo, l’ampleur du défi appelle une action résolue. Selon les estimations de la Banque mondiale, 81,1 % de la population vivait en 2025 sous le seuil international de trois dollars par jour, en parité de pouvoir d’achat. L’enquête nationale de 2024 indique que près de sept Congolais sur dix vivent sous le seuil national de pauvreté », a déclaré au nom du ministère du Plan, Daniel Epembe, secrétaire général audit ministère.
Il a appelé, à cette occasion, que ces mesures reposent sur des seuils différents, mais convergent sur l’urgence d’agir.
« Derrière ces chiffres, il y a des vies : un enfant privé d’école, une mère qui retarde ses soins, un agriculteur sans débouché ou une entreprise freinée par le coût et l’irrégularité de l’électricité », a-t-il ajouté.
De son côté, Kamil Kamaluddeen, représentant-résidant du PNUD en RDC, a invité les femmes et hommes de la RDC à la pleine participation aux avancées enregistrées dans la politique du PDL.
« Les femmes et les hommes doivent pouvoir participer pleinement à ces avancées et en bénéficier équitablement », a déclaré Kamil Kamaluddeen Kayode, représentant résident du PNUD en RDC, appelant à renforcer la mobilisation autour des priorités nationales et des initiatives communautaires.
Il a souligné que la prospérité du pays se construit notamment grâce au travail des agriculteurs, aux initiatives des entrepreneures, aux compétences des jeunes et à l’engagement des communautés. Il a également mis en avant le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), qui contribue au rapprochement des infrastructures et des services publics des populations, ainsi que les initiatives en faveur de la finance inclusive et de l’autonomisation économique des femmes.
Des services essentiels pour réduire la pauvreté
Pour le Gouvernement, la lutte contre la pauvreté implique notamment de réduire les inégalités entre les territoires, de consolider la gratuité de l’enseignement primaire, de renforcer l’accès aux soins de santé et de développer les capacités productives des femmes et des jeunes.
« Il y a nécessité d’orienter les financements vers les territoires les moins desservis et d’évaluer les politiques publiques à partir de leurs effets concrets sur les conditions de vie des populations », a dit Guylain Nyembo.
La connaissance au service de l’efficacité des interventions
Pour sa part, Étienne De Sousa, représentant résident adjoint chargé des programmes du PNUD, a mis l’accent sur l’importance de la production des connaissances pour améliorer l’efficacité des interventions de développement.
« Lorsqu’on ne sait pas ce que l’on veut faire, lorsqu’on n’a pas connaissance du secteur, de la thématique, on peut faire plusieurs investissements pour ne pas avoir d’impact sur le terrain », a-t-il déclaré.
Il a notamment évoqué l’accompagnement du PNUD dans l’élaboration de politiques publiques relatives à la gestion des risques et des catastrophes ainsi qu’à la justice transitionnelle, afin de mieux organiser les interventions de développement.
Les différentes interventions ont ainsi mis en évidence la nécessité de coordonner les efforts du Gouvernement, des partenaires au développement, du secteur privé et des communautés pour réduire durablement la pauvreté et améliorer les conditions de vie des Congolais.
ACP/G.H.

