Kinshasa, 25 juillet 2026 (ACP).- La protection du patrimoine scolaire pour sécuriser l’avenir des élèves en République démocratique du Congo a été retenue comme thème central de la 9ème édition de la campagne ‘’École Eza Mombongo Te’’, a-t-on appris samedi, lors d’un point de presse organisé en prélude à son lancement.
« Protéger le patrimoine scolaire, sécuriser l’avenir ; tel est le thème focus de la 9ème édition de la Campagne École Eza Mombongo te +l’école n’est pas un lieu de commerce+ que nous avons eu le devoir de le présenter aujourd’hui devant la presse. Cette édition sera lancée au mois d’août à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga », a déclaré Serge Bondedi, secrétaire général de l’ONG ‘’Youth action for education (YMAE)’’.
S’agissant des objectifs, il a précisé que de manière globale, cette neuvième édition participe à la protection, à la sécurisation et à la bonne gouvernance du patrimoine public affecté aux secteurs de l’éducation, de la formation et du social.
Le coordonnateur de la Campagne ‘’Ecole Eza Mombongo Te’’ a indiqué que cette initiative vise à lutter contre la vente, l’occupation illégale et la privatisation des espaces scolaires en RDC.
Selon lui, le patrimoine concerné ne se limite pas aux écoles, mais englobe également les établissements de promotion sociale, les foyers et d’autres structures destinées à la formation et à l’accompagnement social.
Huit axes prioritaires retenus

Pour cette nouvelle édition, Serge Bondedi a précisé que huit axes prioritaires ont été retenus. Il s’agit notamment de la diffusion d’une étude sur la problématique de la disparition progressive des espaces scolaires et des terrains affectés à l’éducation, au regard des obligations de l’État en matière de droit à l’éducation.
La campagne entend également sensibiliser les acteurs publics et privés à la protection du patrimoine foncier public destiné aux secteurs de l’éducation, de la formation et du social. En outre, a-t-il soutenu, cette campagne prévoit aussi de renforcer le plaidoyer en faveur de la création de réserves foncières pour les établissements scolaires, sociaux et les centres de formation dans les opérations d’aménagement urbain.
À travers cette nouvelle phase, le responsable de l’ONG YMAE compte poursuivre les enquêtes de terrain afin de disposer d’une situation actualisée sur l’état des infrastructures scolaires et des espaces qui leur sont réservés.
La campagne prévoit également d’accompagner les mesures visant à suspendre les cessions et les changements d’affectation des espaces publics destinés à l’éducation sans autorisation préalable du gouvernement. Elle ambitionne aussi de contribuer à la mise en place d’une cartographie numérique des sites scolaires et universitaires relevant du domaine de l’État, en vue de sécuriser leurs titres fonciers.
Des actions de plaidoyer annoncées
Par ailleurs, le secrétaire général de l’ONG YMAE a annoncé des actions de plaidoyer pour engager des procédures légales de récupération des infrastructures spoliées.
Au-delà de la question foncière, la campagne entend promouvoir une meilleure gouvernance du système éducatif à travers le renforcement de la transparence financière, l’amélioration des mécanismes de reddition des comptes et le développement de partenariats en faveur d’infrastructures scolaires de qualité. Elle prévoit aussi des actions de sensibilisation communautaire, des ateliers techniques ainsi que des initiatives citoyennes de veille et d’alerte contre les atteintes au patrimoine scolaire.
Selon les organisateurs, cette édition devra mobiliser les pouvoirs publics, les acteurs judiciaires, les partenaires techniques et financiers, les gestionnaires d’écoles, les parents d’élèves, les médias et la société civile autour d’un même objectif : préserver les espaces éducatifs pour garantir aux générations futures un accès durable à une éducation de qualité.
Le choix de ce thème focus est le résultat d’une étude menée en 2022 et 2023, avec l’appui de l’Université de Genève et de plusieurs partenaires : le Réseau Francophone contre la marchandisation de l’éducation, la Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights, et le Réseau de Recherche Francophone contre la Privatisation de l’Éducation. ACP/I.

