ACP : 66 ans dans la tempête et la gloire, le « géant » de la presse congolaise médite et se réinvente (Par Placide Tabasenge)

​Kinshasa, 12 août 2026 (ACP) – Soixante-six ans de dépêches, de nuits blanches et de soubresauts politiques. Créée le 12 août 1960 par un décret historique du Premier ministre Patrice-Émery Lumumba, l’Agence Congolaise de Presse (ACP) célèbre ce mercredi ses 66 ans d’existence.

Un anniversaire célébré dans la méditation, mais aussi dans un esprit de reconquête pour un média qui a traversé l’Histoire de la République Démocratique du Congo sans jamais taire sa voix.

​L’âge d’or : le fleuron de la Deuxième République

​C’est sous l’ère du Maréchal Mobutu (1965-1988) que l’ACP connaît son ascension la plus spectaculaire. Directement rattachée à la Présidence de la République, la voix officielle du Congo se dote des technologies les plus sophistiquées de l’époque. Télex pétaradants, téléscripteurs dernier cri et réseaux de transmission nationaux et internationaux transforment la maison en une véritable usine à dépêches.

​À cette époque, le journaliste de l’ACP jouit d’une considération sociale inégalée et de salaires enviables. L’Agence devient le véritable « lance-voix » du pays, dictant le rythme de l’information nationale, jour et nuit.

​Dix-huit dirigeants et des figures de légende

​Depuis sa création juste après l’indépendance, où André Ekatsou fut nommé tout premier Directeur général par Patrice Lumumba lui-même, pas moins de 18 Directeurs généraux se sont succédé à la tête de ce géant.

​Parmi ces figures emblématiques, le nom de Philippe Elebe ma Ekonzo résonne encore dans la mémoire collective.

Agencier d’exception, plume affûtée et grand commis de l’État, il aura marqué de son empreinte toute une génération de journalistes par la précision de ses écrits et son sens aigu de la dépêche d’agence.

​Du télex au multimédia : le pari du renouveau

​Après avoir bravé les crises politiques, les guerres et les mutations technologiques, l’ACP écrit aujourd’hui une nouvelle page de son histoire. Sous la houlette de son Directeur général, Jean-Marie Bakumanya Bakuala, secondé par son adjoint Jean Médard Liwoso, le Comité de gestion actuel s’est engagé dans un pari ambitieux : restituer à l’ACP son prestige d’antan tout en l’ancrant dans l’ère moderne.

​L’objectif est clair : faire de l’ACP un média complet et compétitif face aux géants internationaux de l’information.

​Virage numérique

L’Agence s’est modernisée en adoptant le format multimédia, combinant désormais texte, photo, vidéo et diffusion numérique rapide.

​Renforcement des capacités

Un vaste programme de formation continue est dispensé aux journalistes de la rédaction par des experts chevronnés, anciens diplomates de l’information, ex-agenciers de l’AFP et professionnels venus d’outre-mer.

​Exigence éditoriale : Retour aux fondamentaux du style d’agence : rigueur, rapidité, neutralité et réactivité

​En ce 12 août, alors que les claviers des salles de rédaction continuent de crépiter, l’ACP se remémore son passé glorieux sans nostalgie stérilisante. Soixante-six ans plus tard, la « voix du Congo » n’a pas perdu une note de son écho : elle s’adapte, se perfectionne et regarde droit vers l’avenir.

Pour son avenir radieux, l’état propriétaire devrait davantage apporter un coup de main au management actuel afin de redorer davantage les lettres de noblesse de ce média stratégique et incontournable pour l’image de la RDC.

ACP/Tabasenge)

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