Londres, 4 novembre 2026(ACP).-La journée de clôture du Forum économique entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Royaume-Uni a été marquée, mercredi, par deux panels consacrés au Corridor de Lobito, aux minéraux stratégiques et à l’amélioration du climat des affaires, a constaté l’ACP.
À travers les interventions des membres du gouvernement et des responsables d’institutions publiques, la délégation congolaise a mis en avant les opportunités d’investissement qu’offre le pays, tout en réaffirmant sa volonté de promouvoir la transformation locale des ressources et la participation des opérateurs économiques nationaux.
Le Corridor de Lobito, bien au-delà du transport des minerais
Intervenant au premier panel, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a présenté le Corridor de Lobito comme un véritable accélérateur de développement économique et de connectivité régionale. Pour lui, ce projet ne saurait être réduit à une infrastructure destinée à faciliter l’exportation des ressources minières.
« Le projet de Corridor de Lobito est un game changer. Il ne s’agit pas seulement d’amener la route ou le chemin de fer, il s’agit aussi de connecter par fibre optique la Zambie, la RDC et l’Angola », a-t-il expliqué.
Le porte-parole du gouvernement a particulièrement insisté sur les retombées économiques et sociales susceptibles de se développer autour de ces infrastructures. Selon lui, les populations riveraines pourront bénéficier de nouvelles activités commerciales, agricoles et de services, ainsi que d’une meilleure connectivité numérique.
« Au-delà de la dimension minière qui est grandiose, il y a une dimension micro qui va toucher toutes les populations. (…) Les écosystèmes vont se créer autour et permettront aux populations, au-delà des mines, de profiter de la commercialisation des produits agricoles et d’autres services », a fait savoir le ministre Muyaya.
Dans la même perspective, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a plaidé pour une intégration des corridors secondaires aux infrastructures principales, afin de permettre aux producteurs locaux d’accéder aux marchés régionaux et internationaux.
Il a également rappelé l’ambition commune de la RDC et de la Zambie de développer une chaîne de valeurs autour des batteries électriques, à partir des ressources stratégiques disponibles dans les deux pays.
« Nous allons commencer par les précurseurs des batteries électriques pour nous permettre de saisir le marché mondial », a-t-il indiqué, invitant les investisseurs à considérer le Corridor de Lobito comme un espace de développement industriel, agricole, numérique et technologique.
Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité pour les pays africains de capter une part plus importante de la valeur générée par leurs ressources naturelles, en évoquant l’objectif de parvenir progressivement à un partage plus équitable des richesses.
Financement et compétences : la RDC veut prendre sa part
Prenant également la parole, le Directeur général du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), Hervé Claude Ntumba, a rassuré sur la disponibilité des mécanismes de financement et des compétences nationales nécessaires à la réalisation des projets structurants, mettant notamment en avant le potentiel de la diaspora congolaise hautement qualifiée, particulièrement dans le secteur minier.
« Les Congolais sont prêts et suffisamment bien préparés pour apporter leur expertise au développement de leur pays. Ce dont ils ont simplement besoin, ce sont des opportunités qui leur permettent de revenir et de mettre leurs compétences à contribution », a-t-il déclaré.
Sur le financement, il a fait état des discussions engagées avec plusieurs institutions financières de développement et des investisseurs régionaux intéressés par les opportunités offertes par le Corridor de Lobito. Il a ainsi souligné que la RDC entend désormais prendre une part active au financement des projets de développement sur son territoire, en mobilisant ses institutions publiques et ses partenaires financiers.
Climat des affaires : rassurer les investisseurs et promouvoir les nationaux
Le deuxième panel a porté sur le climat des affaires et les réformes engagées pour renforcer l’attractivité de la RDC, avec notamment la participation de Ted Beleshayi, Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP).
Les échanges ont mis en lumière les efforts visant à favoriser l’accès des entreprises à capitaux congolais aux opportunités économiques, particulièrement dans les secteurs stratégiques.
Intervenant dans ce cadre, l’ancien Inspecteur général des finances-chef de service, Jules Alingete, a présenté plusieurs indicateurs destinés à illustrer l’évolution de la situation économique et financière du pays.
Il a notamment évoqué la sortie récente de la RDC de la liste grise du Groupe d’action financière (Gafi), après les efforts déployés par le gouvernement et les structures nationales de contrôle dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et la criminalité financière.
« La RDC vient de sortir de la liste grise pour regagner la liste des nations où il est recommandé de faire des affaires », a-t-il déclaré, présentant cette évolution comme un signal positif adressé aux investisseurs internationaux.
M. Alingete a également avancé plusieurs chiffres relatifs à l’évolution économique du pays, notamment le PIB, passé selon ses indications de 48 milliards de dollars en 2019 à 125 milliards en 2026, ainsi qu’une croissance économique estimée à 5,7 % en 2026.
Au terme de ces échanges, la délégation congolaise a défendu une vision du développement fondée sur la transformation locale des ressources, la mobilisation des financements, la valorisation des compétences nationales et l’amélioration du climat des affaires. Un message adressé aux investisseurs britanniques et internationaux : la RDC entend désormais faire de ses potentialités économiques des opportunités concrètes de création de valeur, d’industrialisation et de prospérité partagée.
ACP/AKK/BB

