RDC : trois conteneurs de l’armée rwandaise installés au Nord-Kivu pour torturer les mineurs (Amnesty International)

Kinshasa, 4 octobre 2026 (ACP).- Trois conteneurs de l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23-AFC, servant à détenir et torturer des mineurs, ont été identifiés à Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu (Est) de la République démocratique du Congo, a dénoncé dimanche, un chercheur d’Amnesty International, lors d’un entretien.

« Nous avons documenté des cas de mauvais traitements et de tortures. À Rubaya, par exemple, il y a des conteneurs dans lesquels des mineurs sont détenus et torturés. Nous avons identifié trois conteneurs aux alentours du site. Nous avons décidé de dénoncer cette situation parce que les sites miniers contrôlés par le M23-AFC sont difficilement accessibles », a déclaré Lane Hartill, chercheur américain d’Amnesty International.

« Les gens ne savent donc pas exactement ce qui s’y passe. Il était important pour Amnesty International de dévoiler la réalité dans les sites miniers artisanaux », a-t-il soutenu.

Il a fait savoir que le bureau de Nairobi d’Amnesty International venait d’élaborer et de publier, le 21 septembre 2026, un rapport intitulé « RDC : On n’est pas ici pour jouer », portant notamment sur les violations des droits humains dans les sites miniers ainsi que sur le pillage des ressources de la RDC par le Rwanda et ses alliés du M23-AFC.

« Lorsque des mineurs sont détenus dans des conteneurs, des membres du M23-AFC demandent souvent une rançon aux familles. La majorité des familles n’ont pas suffisamment d’argent pour payer. Les membres du M23-AFC leur disent alors : Vous allez creuser pour nous. C’est ce qui constitue le travail forcé », a indiqué Lane Hartill.

Le chercheur américain a également expliqué que ce rapport fait état de cas de recrutements forcés de mineurs, précisant que certains sont contraints de se rendre dans des centres de formation contrôlés par le M23-AFC.

Il a fait remarquer que ledit rapport tire son titre d’une citation recueillie auprès d’une victime intimidée par un membre du M23-AFC. Dans le cadre de ses investigations, Amnesty International affirme avoir examiné deux sites miniers : un site de coltan situé dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, ainsi qu’un site d’or au Sud-Kivu.

Cette ONG internationale a précisé dans son rapport que les deux sites ne représentent qu’un aperçu de la situation, le M23-AFC contrôlant plusieurs autres sites dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Amnesty International est un mouvement regroupant des personnes engagées dans la défense des droits humains.

ACP/B.

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