Kinshasa, 13 juin 2026 (ACP).- L’absence des marches de l’opposition contre l’agression rwandaise dans la partie ‘’Est’’ de la République démocratique du Congo, a été dénoncée, samedi, par un député national, lors d’un entretien avec l’ACP.
« Je suis certain que le peuple va juger. Il faut dire que ce peuple voit tout. En fait, pourquoi ceux qui se font passer opposants prétendant défendre le peuple, ne se sont jamais levés pour condamner l’agression du Rwanda et ses vassaux l’AFC-M23? », a déclaré Joseph Nkoy, député national.
L’élu de Katakokombe dans la province du Sankuru, au centre de la RDC, a estimé qu’il ne faut pas se laisser entraîner dans des débats susceptibles d’exposer davantage le pays, au risque de compromettre sa stabilité.
« Le Chef de l’Etat ne cesse de déployer des efforts, et le gouvernement de la République ne cesse de donner le nécessaire qu’il faut pour que nous arrivions à stabiliser notre pays ; à recouvrer l’intégrité de notre pays. Il ne faudrait pas que l’on puisse nous amener sur des débats qui ne font qu’exposer notre pays et cela ne favorise pas la stabilité de notre pays », a-t-il martelé.
L’intervenant a indiqué vouloir rappeler à certains acteurs se réclamant aujourd’hui de l’opposition qu’ils avaient, par le passé, porté des initiatives de réforme constitutionnelle ou manifesté leur volonté de réviser la Constitution. Il a notamment évoqué la révision constitutionnelle de 2011 comme illustration de cette démarche.
« Je voudrais volontiers me faire le devoir de rappeler à ceux qui se disent opposants qu’hier, ils étaient porteurs des initiatives de réformes constitutionnelles pour certains et pour d’autres, ils ne cessaient de se nourrir de l’appétit de réviser la Constitution, de la changer. C’est ainsi que vous verrez par exemple la révision de 2011. Aujourd’hui le Président de la République qui incarne la nation s’en remet au peuple qui est justement le détenteur du pouvoir puisque nous sommes en démocratie », a rappelé le député Nkoy.
« L’article 5 de la Constitution prévoit deux modes d’expression du peuple à qui appartient la souveraineté nationale. Nous avons l’élection et le référendum. Or à ce jour comme vous le savez, il n’existe pas un cadre juridique précis qui permet au peuple d’exercer son droit de référendum. Ainsi à la suite de l’initiative d’un collègue député, l’assemblée nationale a voté la proposition de loi pour permettre au peuple de s’exprimer sur toutes les questions d’importance nationale, puisqu’en réalité, la Constitution n’a pas limitativement énuméré les matières qui peuvent faire l’objet du référendum », a expliqué l’élu de Katakokombe.
Poursuivant son argumentaire, le député national a expliqué que la démarche vise à doter le pays d’un cadre juridique permettant au peuple d’exercer son droit au référendum. Selon lui, s’opposer à cette réflexion reviendrait à priver les citoyens de la possibilité de se prononcer sur les questions qu’ils jugent importantes.
En conclusion, Joseph Nkoy a précisé qu’aucune initiative de référendum n’était encore engagée. Il a recommandé de faire preuve de patience afin d’observer à quel moment une telle initiative pourrait être envisagée et dans quel contexte sécuritaire elle interviendrait sur l’ensemble du territoire national. ACP/E

