Kinshasa, 13 juin 2026 (ACP).- La déperdition scolaire au niveau primaire avec des disparités marquées entre provinces éducationnelles dans la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, a été dénoncée samedi lors d’une soutenance de thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale.
« L’étude postule que l’ampleur de la déperdition scolaire entre les provinces éducationnelles de Kinshasa serait de 50%, avec Plateau et Funa comme zones les plus affectées. Le phénomène se traduit par le redoublement et l’abandon scolaire, causés par l’école buissonnière, l’absentéisme et le faible taux de rendement scolaire, entraînant des surcoûts monétaires et non monétaires », a déclaré le chef de travaux Dominique Kilapi, auteur de la thèse.
Pour vérifier ses hypothèses, l’auteur a exploité les palmarès scolaires de 2019-2020 à 2024-2025 et a administré des questionnaires à des enseignants et élèves de 5ème et 6ème primaire.
La recherche a conclu que « la construction d’infrastructures scolaires adéquates et adaptées » pourra réduire l’ampleur du phénomène en limitant le redoublement.
Il a proposé plusieurs stratégies par lesquelles, une bonne politique éducative de la carte scolaire, l’amélioration des conditions de vie des enseignants et la distribution de kits scolaires.
Suivre chaque élève de la 1ère à la 6e année
Pour lutter contre la déperdition scolaire, le chef des travaux a proposé un plan d’action articulé autour de six recommandations. La première consiste à assurer un suivi continu des élèves par un même enseignant de la première à la sixième année primaire. Selon l’auteur, cette continuité pédagogique permettrait de mieux connaître les apprenants, d’identifier leurs difficultés et d’y apporter des solutions appropriées, contribuant ainsi à réduire les redoublements et les abandons scolaires.
Deuxièmement, la thèse a préconisé des cours de vacances pour les élèves faibles, présentés comme une sorte d’enseignement individualisé.
« Les redoublants pourraient ainsi être repêchés et avancés de classe. Ceci pour amener le taux de redoublement à 10% conformément à la législation scolaire en place », a proposé l’auteur.
Quant au troisième point, l’impétrant a insisté sur le respect de l’âge d’admission en classe de première année et du nombre de redoublements prévus par la législation. Il a recommandé aussi d’ »accroître la capacité d’accueil des élèves » et d’intensifier la formation continue des enseignants pour réduire le ratio élèves/maître.
Kits scolaires et environnement de qualité
Pour lutter contre l’abandon scolaire, M. Kilapi a préconisé l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, ainsi que la distribution de kits scolaires aux élèves du primaire.
« Il faut également améliorer l’environnement scolaire par une mise en place d’intrants de qualité : équipement, infrastructures, fournitures, bancs », a martelé le récipiendaire.
Par ailleurs, il a appelé à l’organisation d’une vaste campagne d’information et de sensibilisation à l’intention des différents acteurs du système éducatif, notamment les inspecteurs, les directeurs d’école, les enseignants, les parents ainsi que les partenaires du secteur, sur les enjeux du redoublement et de l’abandon scolaire.
Selon l’auteur, ces différentes propositions devraient permettre au gouvernement de mieux équilibrer l’offre et la demande d’éducation en RDC et de freiner la déperdition scolaire à Kinshasa.
À l’issue des débats et de la délibération du jury, Dominique Kilapi a été proclamé docteur en Gestion et Administration des institutions scolaires et de formation, avec la mention « Grande distinction ». ACP/ N/K

