Kinshasa, 24 mai 2026 (ACP).- La nécessité pour la République démocratique du Congo de renforcer le contrôle sur les documents administratifs sensibles et de limiter le recours aux prestataires privés dans des secteurs stratégiques a été au centre d’une réforme proposée par un député national, lors d’un entretien, dimanche, avec l’ACP.
« Notre démarche part d’un constat simple : l’État doit garder le contrôle sur les documents administratifs sensibles liés à son fonctionnement administratif et institutionnel », a déclaré John Efambe, député national.
Dans sa proposition de loi modifiant et complétant la loi n°10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics, l’élu de Lukunga a fait savoir que cette réforme vise à rétablir l’autorité de l’État dans un secteur jugé sensible, touchant notamment à la souveraineté administrative, à la sécurisation des documents officiels ainsi qu’à la rationalisation des dépenses publiques.
Il a saisi cette occasion pour dénoncer une externalisation croissante de certaines missions stratégiques vers des opérateurs privés, parfois sans mécanismes suffisants de contrôle, de traçabilité ou de sécurité.
« Il ne s’agit pas d’un retour en arrière, mais d’une volonté de remettre de l’ordre, de renforcer la transparence et de protéger les intérêts stratégiques de la République », a-t-il soutenu, avant de mettre en garde contre les risques financiers liés au recours excessif aux prestataires privés dans certains marchés publics, évoquant des surfacturations, des contrats opaques ainsi que des dépenses échappant à une logique de rationalité budgétaire.
Sur le plan institutionnel et sécuritaire, l’élu de Lukunga a estimé que la production de documents officiels en dehors d’un contrôle public rigoureux pourrait favoriser des falsifications, des fuites de données administratives et une fragilisation de l’autorité de l’État.
« Un État responsable ne peut dépendre entièrement d’intérêts privés pour des fonctions aussi sensibles que la production de documents administratifs officiels », a affirmé John Efambe.
Par ailleurs, l’élu de Lukunga a insisté sur la nécessité d’instaurer davantage de discipline, de responsabilité et de respect strict de la loi dans la gestion des deniers publics.
« Les sanctions prévues ne poursuivent pas un objectif de répression arbitraire, mais de dissuasion. Nous voulons mettre fin à une culture d’impunité administrative où certaines règles sont contournées sans conséquences », a-t-il indiqué.
Pour lui, les marchés publics doivent demeurer un domaine régi par l’intérêt général et la redevabilité, dans la mesure où ils engagent directement les ressources de l’État et l’argent du contribuable.
Cette proposition de loi a été a déposé le 19 mai auprès du président de l’Assemblée nationale, une proposition de loi modifiant la loi du 27 avril 2010 relative aux marchés publics. À travers cette initiative, l’élu de la Lukunga entend repositionner le Service National des Approvisionnements et de l’Imprimerie (SENAPI) au centre du dispositif public en matière d’impression des documents officiels et d’acquisition des fournitures administratives de l’État.
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