RDC: un état d’urgence recommandé pour récupérer les villes de Goma et Bukavu

Kinshasa, 22 mai 2026 (ACP).- Un acteur politique a recommandé, jeudi, au Président de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, de décréter l’état d’urgence nationale  pour permettre la récupération de Goma et Bukavu, deux villes martyres de l’Est du pays, occupées par le M23- AFC et l’armée rwandaise. « Nous demandons au Président de la République de décréter un état d’urgence nationale, afin de mobiliser toutes les forces de la nation pour la récupération de Goma et Bukavu. Face à la gravité de la situation sécuritaire et aux accords successivement violés, le pays se trouve dans une dynamique de rupture institutionnelle et politique reconnue dans certaines doctrines du droit constitutionnel », a déclaré Eugène Diomi, président du parti politique Démocratie chrétienne (DC).

Il a, par ailleurs, relevé une rupture de l’ordre institutionnel en RDC, qui milite en faveur d’un changement de Constitution dans le pays. Pour M. Diomi, cette « rupture » est conçue comme fondement juridique et politique conforme à la doctrine dominante en droit constitutionnel.  Selon le président de la DC, en effet, dans l’histoire contemporaine, plusieurs nations ont procédé à des réformes ou à des changements constitutionnels à la suite de crises majeures, de révolutions, de conflits armés ou de bouleversements politiques. « Modifier une Constitution n’est donc pas en soi un acte illégitime, dès lors que cela répond à l’intérêt supérieur de la nation et à la volonté du peuple souverain », a-t-il fait savoir. Mais, pour lui, la priorité actuelle demeure la restauration de l’intégrité territoriale, la défense de la souveraineté nationale ainsi que le retour de la paix dans l’Est du pays. « Après la récupération de Goma et Bukavu, un large débat national pourrait être engagé, afin de réfléchir aux réformes institutionnelles nécessaires pour renforcer l’État, consolider l’unité nationale et prévenir de nouvelles crises », a-t-il souligné.

M. Diomi a fait remarquer que le moment est venu, face à cette « rupture », de passer d’une Constitution de compromis post-guerre, à une Constitution de souveraineté et de résilience face à la nouvelle donne géopolitique. « Dans ces conditions, exiger le maintien de la Constitution de 2006 reviendrait à figer la RDC dans un cadre juridique qui ne correspond plus, ni à la réalité du terrain ni à la volonté nationale de survie et de souveraineté. Le droit constitutionnel ne saurait être un carcan intemporel ; il doit au contraire sanctionner les ruptures historiques lorsque celles-ci sont suffisamment graves pour redessiner le contrat social et l’ordre étatique. Un nouveau processus constituant, légitime, souverain et inclusif, est donc non seulement nécessaire, mais conforme à la doctrine dominante », a-t-il dit.« La +rupture+ n’est pas un tabou juridique ; elle est, au contraire, le mode de naissance même de la plupart des constitutions modernes en situation post-conflictuelle ou de crise existentielle.  La RDC, en tirant les leçons de cette guerre imposée, ne ferait que suivre l’exemple historique de tous les peuples qui ont refondé leur pacte constitutionnel après avoir affronté une menace existentielle », a-t-il conclu.

ACP/ KK

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