Kinshasa, 9 septembre 2026 (ACP).- Une ingénierie didactique fondée sur la modélisation de situations contextualisées pourrait améliorer l’apprentissage de la notion de limite chez les élèves de troisième année des Humanités scientifiques à Goma, selon une thèse de doctorat présentée à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC).
« L’étude part du constat que l’enseignement de la notion de limite reste souvent centré sur les procédures de calcul et la formalisation symbolique, au risque de limiter la construction du sens du concept chez les apprenants », a indiqué le chef de travaux Olivier Tchuo.
Pour répondre à cette difficulté, le chercheur a conçu une ingénierie didactique articulant des situations-problèmes contextualisées, la recherche autonome, les débats scientifiques, la coordination de différents registres de représentation et l’institutionnalisation progressive du savoir.
« La recherche, basée sur une approche mixte et un dispositif quasi expérimental, a porté sur 203 élèves répartis entre un groupe expérimental et un groupe témoin. Les données ont été recueillies au moyen de pré-tests et de post-tests, d’observations de classes ainsi que d’entretiens auprès des enseignants et des apprenants. Les résultats font ressortir une progression plus importante dans le groupe expérimental. Sa moyenne est passée de 3,47 au pré-test à 7,10 au post-test, soit un gain moyen de 3,63 points, contre une progression de 3,72 à 4,58, soit 0,86 point, dans le groupe témoin », a relevé l’auteur de la thèse.
Selon lui, le test de « Student », qui donne une valeur de 8,839 avec une probabilité inférieure à 0,001, indique une différence statistiquement très significative en faveur des élèves ayant bénéficié de l’ingénierie didactique proposée.
Selon la recherche, 81,8 % des enseignants et 95,5 % des élèves interrogés ont exprimé une perception positive de la pertinence contextuelle de cette approche.
« Les situations inspirées du vécu et de l’environnement des apprenants auraient notamment contribué à rendre la notion de limite plus concrète, accessible et signifiante. La contextualisation apparaît ainsi particulièrement pertinente lorsqu’elle s’inscrit dans une démarche structurée de modélisation et de mathématisation progressive », a ajouté le récipiendaire.
L’étude a conclu que l’ingénierie didactique centrée sur la modélisation peut contribuer à transformer l’enseignement de la notion de limite dans « ℝ », à condition d’organiser un passage progressif du concret vers l’abstrait, de favoriser l’activité mathématique des élèves et d’articuler les différentes représentations du concept avant sa formalisation.
La recherche a relevé également des perspectives de réinvestissement de cette approche dans d’autres situations mathématiques et dans certains domaines scientifiques, notamment la physique et l’économie. Cette transférabilité reste toutefois à vérifier empiriquement à travers de nouvelles expérimentations.
La thèse a souligné, par ailleurs, l’intérêt scientifique de documenter l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques dans le contexte congolais, tout en proposant aux enseignants un cadre susceptible d’inspirer la conception de situations d’apprentissage contextualisées et adaptées aux réalités locales.
Après débat et délibération, le candidat a été proclamé docteur en didactique des disciplines et des mathématiques, avec la mention « grande distinction ». ACP/N

