Kinshasa, 19 août 2026 (ACP).- Une thèse doctorale soutenue, mercredi, à l’Université pédagogique nationale a recommandé à la République démocratique du Congo (RDC) de placer l’intelligence stratégique au cœur de sa gouvernance afin de renforcer sa souveraineté et améliorer son positionnement dans la sous-région des Grands Lacs et sur la scène internationale.
« La seule voie de sortie du marasme et de la déliquescence de cet Etat, c’est de mettre une géopolitique d’intelligence stratégique au cœur de sa gouvernance pour son rayonnement à l’international », a déclaré le chef de travaux Bienfaiteur Justin Bosenge, auteur de la thèse.
Selon cette étude, la position stratégique de la RDC et l’abondance de ses ressources naturelles ont, depuis la Conférence de Berlin de 1885, suscité l’intérêt de puissances étrangères et contribué à la persistance de rapports de dépendance et de facteurs d’instabilité.
Intitulée « Culture géopolitique de puissance et requalification de la République démocratique du Congo dans la sous-région des Grands Lacs africains », cette recherche, fondée notamment sur les approches géopolitique, historique et d’analyse stratégique, a examiné l’évolution des rapports entre la RDC et les puissances internationales, ainsi que les conséquences de la colonisation, de la décolonisation et du néocolonialisme sur la trajectoire de l’Etat congolais.
Une nouvelle culture stratégique
Le chef de travaux Bienfaiteur Bosenge a préconisé une rupture avec les anciens paradigmes de gouvernance et l’adoption d’une culture stratégique fondée sur l’anticipation, la maîtrise de l’information, la coordination de l’action publique et la défense des intérêts nationaux.
« Ce qui doit naître, ce sont les énergies nouvelles capables de créer un nouveau type de gouvernance, un nouveau type d’organisation politique et économique, un autre type de système éducatif et de nouveaux paradigmes dans les partenariats et alliances stratégiques », a-t-il soutenu, avant de recommandé en outre, de renforcer la compétitivité économique, la stabilité politique et la diplomatie stratégique de la RDC.
Par ailleurs, le récipiendaire a appelé à l’émergence d’une élite politique dotée d’une culture stratégique, d’une éthique et de valeurs morales, ainsi qu’à une réforme du système éducatif destinée à préparer les nouvelles générations aux enjeux géopolitiques contemporains.
Cette thèse a conclu à la nécessité pour la RDC de transformer ses ressources naturelles et sa position géostratégique en leviers de développement, de puissance et de souveraineté, afin de jouer pleinement son rôle dans la sous-région des Grands Lacs et dans le concert des nations.
Après débat et délibération, le chef des travaux Justin Bosenge a été proclamé docteur en relations internationales, avec mention « la plus grande distinction ». ACP/Ns

