Le sénateur Bernard Muhindo
Kinshasa, 30 novembre 2025 (ACP)Le sénateur Bernard Muhindo a préconisé la formation ou la mise à niveau des acteurs opérant dans le secteur foncier en République démocratique du Congo, en perspectives de la mise en application des réformes initiées par la ministre des Affaires foncières, lors de son intervention à la plénière du vendredi.
« On a parlé de la pénalisation, c’est bien mais il faudra penser aussi à la formation. Parce qu’aujourd’hui, on sait qu’il y a beaucoup de gens qui agissent dans le foncier, n’ont même pas la maitrise du sujet. Et cela touche directement à la question de la numérisation », a déclaré l’élu des élus Muhindo, lors du débat général sur le projet de loi portant modification et complétant la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973, portant régime général des biens, régime foncier et immobilier, présenté par la Ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele.
« Certes, les réformes proposées à mon avis sont prometteuses et arrivent à temps. Pour mettre en application ces réformes il faut nécessairement avoir une bonne équipe (le personnel du secteur foncier, le cadastre et ainsi de suite », a-t-il souligné.
Par ailleurs, le sénateur Muhindo a invité Mme la ministre des Affaires foncières à prendre en compte l’homologation de tous les courtiers immobiliers parce qu’ils font parties, selon lui, de ceux qui sont à la base de spéculation des prix dans les marchés immobiliers.
« Dans d’autres pays cela est fait déjà. Les courtiers y sont homologués. Ils ne peuvent pas agir dans le secteur immobilier sans avoir une carte d’homologation et sont connus de l’Etat », a soutenu l’intervenant.
Parmi les innovations dans ce projet de loi, la ministre O’Neige N’Sele entend interdire la cession des terres frontalières aux étrangers. Cependant, le sénateur Muhindo qui a favorablement accueilli cette innovation a suggéré à la ministre de s’assurer que toutes les coordonnées géodésiques des frontières congolaises sont d’ores et déjà bien établies. « Si ces coordonnées sont là, il faudra alors faire une distinction entre les terres occupées et occupées par qui ? », s’est-il interrogé.
Enfin, le sénateur a recommandé à ce membre du gouvernement Suminwa de bien veiller lors de la numérisation des titres dans la mesure où environ 80% de contentieux dans les cours et tribunaux sont liés au foncier.
Joignant sa voix à celle d’autres sénateurs ayant intervenu à ce débat, Muhindo a également félicité Mme la ministre pour son courage, pour ses efforts mais surtout aussi pour l’initiative prise pour moderniser l’administration et mettre fin à des décennies d’irrégularités dans le secteur foncier.
ACP/Célestin Lutete

