Rwanda–RDC : la fin du deux poids deux mesures

Kinshasa, 5 février 2026 (ACP/Afrique Matin)-Pendant longtemps, la mémoire du génocide rwandais de 1994 a constitué en France une référence morale indiscutable, au point d’installer une forme d’immunité critique autour de Kigali. Cette réaction était légitime, humaine, nécessaire.

Mais elle a fini par produire un effet pervers : une suspension durable du jugement sur les actes ultérieurs de l’État rwandais. Le sondage Norstat réalisé les 30 et 31 janvier 2026 montre que cette parenthèse est désormais refermée. L’opinion française rejette toute exception morale et refuse les hiérarchies implicites entre souverainetés.

Les atrocités de 1994 ont marqué durablement les consciences françaises. Elles ont façonné une grille de lecture dans laquelle le Rwanda était d’abord perçu comme une victime absolue de l’histoire, puis comme un rescapé exemplaire.

Cette mémoire a longtemps fonctionné comme un écran protecteur. Critiquer Kigali revenait, dans l’espace public occidental, à risquer l’amalgame ou la faute morale. « Le Rwanda a longtemps bénéficié d’un narratif extrêmement favorable en Europe, rappelle un journaliste spécialisé. Ce sondage montre que ce narratif est désormais perçu comme artificiel, instrumentalisé et déconnecté des réalités humaines du conflit ».

ACP/Afrique Matin

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