Kinshasa, 04 mars 2026 (ACP).- Le Prix Nobel Denis Mukwege a salué les sanctions américaines contre des responsables de l’armée rwandaise impliqués dans la déstabilisation de l’Est de la République démocratique du Congo(RDC) et exigé des mesures « coordonnées », afin d’isoler Kigali, selon un communiqué consulté mardi sur son Compte X par l’ACP. « Nous aspirons à ce que la décision de Washington contribue à une modification du rapport de force sur le terrain. Ces sanctions du Trésor américain sont nécessaires mais non suffisantes. Ainsi, nous appelons l’ensemble des partenaires internationaux à reconsidérer ses relations avec le Rwanda et à adopter des sanctions coordonnées pour isoler politiquement, diplomatiquement et économiquement le régime agresseur de Kigali », a plaidé le Dr Mukwege. Le « réparateur des femmes » a, en outre, opté pour « l’effectivité (…) de la résolution 2773 du Conseil de sécurité qui exige un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le retrait immédiat de l’armée rwandaise de RDC et la fin du soutien au M23 ainsi que le démantèlement des administrations parallèles illégales mise en place par les forces d’occupation ». « Nous saluons l’imposition des sanctions annoncées par le Département du Trésor des États-Unis en date du 2 mars à l’encontre des Rwanda Defence Forces (RDF) ainsi que de quatre officiers supérieurs de l’armée rwandaise, accusés d’être impliqués dans l’instabilité persistante au Nord-Kivu et au Sud-Kivu », a-t-il insisté. Le gynécologue congolais a exhorté la communauté internationale à accroître la pression diplomatique et économique sur Kigali, afin de mettre fin à l’agression dans l’Est de la RDC. Le prix Nobel a rappelé que le Rwanda, pays dépendant de l’aide étrangère, est particulièrement vulnérable aux pressions internationales, évoquant « la crise des années 2012-2013, dont le dénouement avait été précipité par un simple appel téléphonique de la Maison Blanche ». Ces sanctions du département du Trésor américain contre les RDF devraient entrainer, selon lui, le retrait du Rwanda comme pays contributeur de troupes du Département des opérations de paix des Nations Unies (DPKO). « Il est inacceptable pour les Nations unies d’employer une armée qui se distingue depuis 30 ans dans la déstabilisation de la région des Grands Lacs africains et dans la commission de violations graves du droit international humanitaire et des droits humains largement documentées par les Nations unies, notamment dans le rapport Mapping, les rapports successifs du Groupe d’experts de l’ONU sur la situation en RDC et divers rapports des organisations de la société civile », a-t-il martelé. Aussi, il a lancé un appel à l’Union européenne et d’autres États européens, notamment la France et la Pologne, pour qu’ils suspendent « sans plus tarder » leur coopération sécuritaire et militaire. Le médecin a, par ailleurs, précisé que le respect du droit international est l’unique voie pour restaurer une stabilité durable dans la région des Grands Lacs. ACP/

