RDC : l’autorité de régulation des médias congolais appelle les journalistes à la responsabilité

Kinshasa, 30 juillet 2026 (ACP).- Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), a appelé mercredi, les journalistes à exercer leur métier avec responsabilité, à l’occasion du lancement à Kinshasa, de l’Asbl « Voix de la presse », une plateforme dédiée à la promotion d’un journalisme à l’ère de l’intelligence artificielle ».

«Vous n’êtes pas appelés à être un relais d’opinion. Vous êtes appelés à être un producteur de vérité. La presse est un contre-pouvoir. Mais le contre-pouvoir doit être crédible. Et pour qu’il soit crédible, il doit reposer sur trois piliers : la vérification des faits, la responsabilité dans la parole et l’indépendance réelle», a déclaré Christian Bosembe.

Selon lui, la naissance de la Voix de la presse n’est pas seulement celle d’une structure, mais c’est un signal. Ce signal veut dire qu’une nouvelle génération refuse la médiocrité, refuse la manipulation, refuse l’instrumentalisation, refuse toutes sortes de mauvaises pratiques ». 

Évoquant le contexte sécuritaire, il a interpellé les médias sur leur devoir de récit national. «Vous êtes ceux qui donnent le sens à l’histoire. C’est à vous de nommer l’agresseur. Vous le savez bien, nous sommes agressés par le Rwanda, et le criminel de Kagame nous attaque depuis longtemps. Chaque vie perdue dans les montagnes de Kivu doit être comptée».

Le patron du CSAC a saisi cette occasion pour rappeler aux journalistes leur responsabilité sociale en dénonçant la dérive de certains contenus médiatiques.

«Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de dérive. L’injure est présentée comme une opinion. La rumeur est présentée comme une information. Et la jungle cachée, présentée comme un engagement», a-t-il fustigé invitant les journalistes au sens de la responsabilité.

Face à ces dérives, il est revenu sur les sanctions prises par le régulateur ces derniers mois.

«Nous avons sanctionné les médias et les journalistes pour propagation de fausses informations et de discours haineux. Nous avons interdit l’usage abusif de plateaux par des personnes non mandatées parlant au nom des organisations sans légitimité. Désormais, il faudra un mandat pour parler pour le compte d’un parti politique», a-t-il annoncé.

Christian Bosembe a également mis en garde contre les plateaux devenus des « cirques ».

«Nous avons pris des mesures fortes contre les plateaux qui se transforment en cirques, où les gens s’insultent, avec la complicité des présentateurs. Nous avons mis terme à la propagande de l’agresseur et aux émotions antipatriotiques visant à démobiliser nos forces armées», a-t-il rappelé.

Il a insisté sur le rôle du CSAC, qu’il ne présente pas comme un censeur : «Le CSAC n’est pas une corporation de journalistes. Le CSAC est une institution d’appui à la démocratie. Je ne suis pas le protecteur des journalistes. Je suis le gardien de l’Etat de droit informationnel».

Le président du CSAC a ensuite lancé trois exigences à « La voix de la presse » : «Refusez la facilité. Vérifiez avant de publier. Refusez la dépendance. Un journaliste acheté est un citoyen vendu. Refusez la peur. Mais ne confondez jamais le courage et la responsabilité».

Pour finir, Christian Bosembe a promis l’accompagnement du CSAC.

«La porte est ouverte. Notre plénière est publique. Venez voir combien on fait un travail remarquable. Nous ne combattrons jamais la liberté. Mais nous combattrons tous les désordres. Car une nation qui perd le contrôle de son information perd à terme le contrôle de son destin», a-t-il conclu.

Nouvelle structure défendant la liberté de la presse

L’association « La voix de la presse » a appelé les journalistes à maîtriser les nouvelles méthodes de traitement de l’information à l’ère de l’intelligence artificielle lors de son lancement à Kinshasa.

«Notre vision repose sur une certitude : le journalisme du XXIᵉ siècle ne peut plus être exercé avec les méthodes du siècle dernier. Les rédactions changent, le public change, les technologies changent, les modèles économiques changent. Le journaliste d’aujourd’hui doit maîtriser l’investigation, la narration numérique, la vidéo, les données, les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et les nouveaux outils de production de l’information», a déclaré Prince Mayiro, président de l’association ‘’La Voix de la Presse’’.

Le souhait de M. Mayiro, est que le journaliste congolais soit reconnu, non seulement pour son courage, mais aussi pour son professionnalisme, son expertise et sa capacité à produire une information précaire qui éclaire les citoyens.

«Si nous ne préparons pas cette transition, d’autres la feront à notre place. C’est pourquoi La Voix de la Presse veut devenir un laboratoire permanent d’innovation journalistique. Nous voulons créer une culture de la formation continue, favoriser le partage d’expériences, encourager la recherche, accompagner les jeunes talents, valoriser les meilleures pratiques et rapprocher les journalistes congolais des standards internationaux, sans jamais perdre de vue les réalités de notre pays », a déclaré Prince Mayiro.

Selon lui cette organisation se veut un cadre qui forme plutôt que qui critique, qui propose plutôt que qui dénonce, qui ressemble plutôt que qui divise. Bref, « une organisation tournée vers l’avenir», a-t-il conclu.

Lancée en novembre 2025, « La voix de la presse » se pose sur les bases de ceux qui veulent aujourd’hui exercer leur métier dans le professionnalisme, le mérite, le respect, la considération et égalité de chance. ACP/M/N

Fil d'actualités

Sur le même sujet