Kinshasa, 19 septembre 2026 (ACP.).- Lorsque les divergences d’idées se durcissent et tendent vers la radicalisation, il est légitime de s’interroger sur la place accordée à l’intérêt supérieur de la Nation. Cette thèse a été défendue par Me Marie-Louise Efekele, présidente du Mouvement républicain ‘‘Notre Avenir’’, interrogée samedi par l’ACP. Le dialogue national initié par le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi constitue une démarche responsable qui permettra de rapprocher les positions et de rechercher ensemble des solutions durables pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’Etat.
Question 1 : Quel est l’intérêt de votre Mouvement de soutenir le dialogue national pendant que les accords signés entre le Gouvernement et les rebelles du M23-AFC à Washington et à Doha ne donnent aucun effet positif dans l’Est du pays ?
Marie-Louise Efekele : « Notre Avenir » comme son nom l’indique croit fermement à un avenir glorieux et nous pensons que cet avenir ne peut se dessiner qu’autour d’une table avec les Congolais et pour les Congolais. Des effets positifs sur le terrain il y en a mais malheureusement l’opinion ne suit pas. Les choses évoluent dans l’Est du pays avec par exemple le retrait des rebelles dans certaines zones et aujourd’hui on peut parler du désarmement et rapatriement des FDLR, un projet qui s’est déjà mis en place. C’est un grand exploit pour le Gouvernement que dirige Madame Judith Suminwa. Notre Avenir veut s’engager dans une action citoyenne aux côtés d’autres structures pour ramener toutes les parties autour du chef de l’Etat. Nous allons nous déployer sur terrain afin de sensibiliser tout le monde à participer à ces assises en vue de refonder notre État comme l’a dit le Président de la République. (…) Mais retenez que j’ai mis en place un projet qui s’articule sur une série d’actions de sensibilisation citoyenne pour une adhésion massive au dialogue national. J’appelle le peuple congolais de nous mettre tous derrière le Chef de l’Etat, de soutenir les efforts du gouvernement et de barrer la route aux pourfendeurs du pays.
Question 2 : Quelle lecture faites-vous de l’opposition politique qui s’oppose au format du dialogue national initié par le Président de la République ?
MLE : Le format du dialogue tel que proposé par le Président de la République ne peut pas non plus être un prétexte pour faire la pression d’autant plus que c’est encore une première étape qui, à mon sens, pourra être enrichie lors de cette rencontre tant attendue par l’ensemble de congolais. A l’opposition d’éviter de poser des préalables injustifiés qui ne font que ralentir le processus. Je l’invite au respect de l’Institution Présidence de la République, en l’occurrence au chef de l’Etat. Pour l’amour de ce pays, qu’elle change sa méthode en lui communiquant par exemples des propositions concrètes coulées sous forme de mémorandum pour adaptation, en lieu et place des pressions. Nous avancerons tous !
Question 3 : Comment réagissez-vous lorsque certains opposants conditionnent la tenue effective du dialogue à la participation de Kabila et les rebelles du M23-AFC soutenus par le Rwanda ?
MLE : Kabila est un acteur clé de l’histoire de notre pays qui a dirigé ce pays pendant 18 ans et organisé sa passation par l’alternance politique et pacifique, la seule et l’unique qu’il y a eu lieu dans ce pays en 2019. Nous l’avions applaudi et aujourd’hui nous constatons fort malheureusement qu’il a délibérément décidé de se retourner contre ce même pays vu ses accointances avec l’opposition armée. Non, je ne trouve pas pourquoi le dialogue entre Congolais devrait être conditionné par sa présence sauf s’il revenait à la raison afin de retrouver honorablement son statut d’homme de l’alternance pacifique. Et sinon, comme l’a dit le président de la République, ceux qui ont tué les Congolais, répondront devant la justice. Donc laissons la justice suivre son cours normal et nous, retrouvons-nous autour de la table pour résoudre les maux qui nous rongent de l’intérieur.
ACP/JD

