Une seule requête en annulation de la présidentielle introduite à la Cour constitutionnelle (Par Pierre Matadi)

Kinshasa, 04 janvier 2024 (ACP).- La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC) n’a reçu mercredi, avant l’expiration du délai, qu’une seule requête en annulation de la présidentielle de décembre 2023 introduite par le candidat malheureux n’ayant recueilli que 4.000 suffrages sur plus de 18 millions de votants.

Pasteur, avocat et professeur de droit, Me Théodore Ngoy est auteur de cette unique requête en annulation de ce scrutin remporté par le président candidat Félix Tshisekedi, selon les résultats provisoires publiés dimanche par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le président candidat Tshisekedi a été, en effet, réélu avec 73,34% des voix, tandis que l’ancien gouverneur du Katanga (sud-est de la RDC) Moïse Katumbi l’a suivi avec 18,08% des voix.

Martin Fayulu, candidat malheureux de la présidentielle de 2018 s’en est sorti avec 5,33%, suivi en quatrième position par l’ancien Premier ministre (2008-2012) Adolphe Muzito, avec 1,12%. Ce dernier a par ailleurs qualifié le record battu par Tshisekedi de « résultat inattaquable ».

Le pasteur Ngoy s’est pointé à la 17ème position avec 0,02%.

Le délai pour les requérants a expiré ce 03 janvier, et « la Cour aura 7 jours pour traiter les contentieux avant la publication des résultats définitifs le 12 janvier », a expliqué un avocat approché jeudi par l’ACP.

Que dire d’autres candidats malheureux, à présent que le temps de demander des comptes à la haute Cour a expiré ?
A la veille de la publication du classement général en direct sur les antennes de la radiotélévision nationale à partir du centre Bosolo (La vérité, en lingala) de la Céni, trois candidats (Tshiani, Bile et Majondo) avaient déjà jeté leur dévolu sur le président sortant et candidat à sa propre succession.

Ce, au motif qu’ils ont vu en Félix Tshisekedi « la volonté de consolider les acquis, et de privilégier la défense de notre pays, en préservant notre souveraineté nationale ».

La plupart des candidats malheureux ont gardé silence en dehors d’Adolphe Muzito, Jean-Claude Baende et Tony Bolamba, qui ont eu le courage républicain de féliciter le gagnant. Pendant que les autres appellent déjà à la contestation dans la rue, évoquant l’article 64 de la Constitution, au demeurant « «mal interprété» », selon le gouvernement.

Quant à Moïse Katumbi, il appelle à la résistance. « Notre Constitution nous invite à nous opposer à tout groupe d’individus qui veut se maintenir au pouvoir en dehors de la volonté du peuple congolais (…). Peuple congolais tenons bon, le temps de la mobilisation est arrivé », a-t-il déclaré mercredi dans une vidéo. Mais il n’a pas formellement rejeté les résultats provisoires de la Céni, dénonçant avec détails la « fraude ».

Il est suivi sur cette voie par Denis Mukwege, Martin Fayulu et d’autres petits candidats.
En écho, l’opposant Muzito, arrivé en quatrième position, a estimé que « ce résultat est inattaquable ».
Au troisième cycle électoral (2018), Félix Tshisekedi (avec près de 35 %) avait devancé Martin Fayulu, suivi d’Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin de l’ancien président Joseph Kabila, selon les résultats officiels.

Pour rappel Théodore Ngoy, également perdant au scrutin de 2018, s’était rangé derrière Martin Fayulu, comme avocat, pour défendre la cause de ce dernier lors du contentieux électoral devant la Cour constitutionnelle.
La haute instance judiciaire avait proclamé Tshisekedi président de la République élu.
ACP/

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