Uvira: découverte de deux fosses communes attribuées à la coalition armée rwandaise-M23

Kinshasa, 28 février 2026 (ACP).- Deux fosses communes, dans lesquelles plus de 150 personnes ont été enterrées après le retrait forcé de la coalition armée rwandaise et M23-AFC, ont été découvertes le 27 février dans le quartier Kavinvira dans la ville d’Uvira au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, selon un communiqué parvenu samedi à l’ACP.
« Alerté par les autorités locales, le gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi, a immédiatement instruit les services compétents afin de sécuriser les sites, d’ouvrir les investigations nécessaires et d’identifier les victimes. Les constats préliminaires faits par l’autorité provinciale établissent que cent cinquante-et-une (151) personnes (civiles) ont été inhumées dans ces fosses communes, dont cent vingt-et-une (121) au cimetière de Kavinvira et trente (30) dans un enclos au quartier Kilomoni », a-t-on lu dans le communiqué communiqué du ministère de la Communication de la province du Sud-Kivu.

Selon la source, ces personnes ont été victimes d’exécutions intervenues à la veille du retrait forcé, le 18 janvier 2026, des éléments de l’AFC-M23 appuyés par les Rwanda Defense Forces (RDF), dont la présence et le soutien opérationnel dans cette zone ont été largement documentés.

« Le caractère massif de ces exécutions, leur organisation apparente et leur inscription dans un contexte de violences répétées contre les populations civiles de l’Est de la République démocratique du Congo constituent des violations graves du droit international humanitaire », a ajouté le même communiqué, soulignant que « ces actes constituent des crimes de guerre au sens de l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) ».
Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a, en outre, affirmé que la responsabilité pénale des membres des RDFet de leurs supplétifs de l’AFC/M23 est pleinement engagée, soulignant qu’en « application des articles 25 et 28 du Statut de Rome, les auteurs directs, leurs supérieurs hiérarchiques ainsi que toute personne ayant planifié, ordonné ou facilité ces crimes » doivent répondre de leurs actes.

Tout en condamnant ces crimes, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a dit tenir pour responsables les RDF et leurs supplétifs de l’AFC-M23, tout en exigeant une enquête internationale indépendante.
La ville d’Uvira était tombée dans les mains des occupants après la signature de l’accord de paix entre Kinshasa et Kigali à Washington, sous l’égide du Président américain Donald Trump. De fortes pressions ont été exercées sur les forces occupantes pour se retirer de cette ville. Malheureusement, elles s’en sont retirées en commettant des crimes imprescriptibles.

ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet