Kisangani, 29 juillet 2025 (ACP).- La majorité d’établissements universitaires publics dans la province du Bas-Uélé, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) sont menacés de disparition suite à la prolifération non agrées par le ministère de tutelle, a appris l’ACP mardi d’un entretient. « L’Esu au Bas-Uélé traverse des moments les plus sombres de son histoire. Sur les dix (10) établissements publics implantés ici, la majorité sont dépeuplés, menacés de disparition et fonctionnent difficilement à cause de la faible attractivité et de l’insuffisance d’enseignants qualifiés», a déclaré Faustin Masikini Ewale, directeur général de l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM/Buta).
Selon Ewale, l’intrusion croissante des établissements non agréés dans l’espace académique compromet sérieusement la qualité de la formation universitaire. Ces institutions installent des auditoires jusque dans les villages, attirant des jeunes en quête des diplômes, mais sans offrir les garanties pédagogiques requises.
« Nous assistons maintenant à une véritable escroquerie intellectuelle. Ces institutions opèrent en marge de la loi. Elles déstabilisent les établissements officiels et sèment la confusion dans les esprits des apprenants qui les suivent aveuglément », a-t-il martelé.
Il a, en outre, accusé certains acteurs politiques locaux d’interférer dans la gestion de l’Esu à des fins personnelles, allant jusqu’à entraver les actions de la Conférence provinciale, pourtant reconnue officiellement par le ministère. Les alertes adressées aux autorités provinciales, y compris au gouverneur et au président de l’Assemblée provinciale, sont restées sans suite, a-t-il déploré.
« En décembre 2024, la Conférence provinciale avait pourtant décidé, avec l’appui de la ministre de l’Esu, de fermer les établissements non agréés. Cela avait suscité une forte opposition, notamment parce que nous avions cité nommément les établissements concernés, opérant sans autorisation légale », a-t-il souligné.
M. Masikini a réaffirmé la détermination des chefs d’établissements universitaires du Bas-Uelé à redresser la situation. Il a lancé un appel pressant au gouvernement central pour une intervention urgente visant à restaurer l’ordre dans le secteur, aujourd’hui menacé par l’anarchie, l’impunité et le désengagement des autorités locales. Notons que parmi les établissements publics les plus touchés figurent l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de Buta, Bondo, Dingila et Ango, l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) de Buta et de Bondo, l’Institut supérieur de développement rural (ISDR) d’Amadi ainsi que l’Université du Bas-Uelé (Uniba) basée à Buta. ACP/

