Beni : la Croix-Rouge rassure sur la collaboration entre les équipes d’inhumation et les familles

Beni, 3 novembre 2026 (ACP).- Les équipes d’enterrement digne et sécurisé (EDS) travaillent en étroite collaboration avec les familles éprouvées par la maladie à virus Ebola, qui choisissent elles-mêmes le cercueil et le lieu d’inhumation, a indiqué mardi à l’ACP le président urbain de la Croix-Rouge de Beni au Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

« Les équipes de l’EDS ne peuvent pas se rendre sur les lieux en l’absence des membres de la famille. C’est la famille qui apporte le cercueil, qui indique le lieu de l’enterrement, et c’est à ce moment-là que les équipes l’accompagnent sur place. La dignité permet aux membres de la famille de voir où leur proche va aller se reposer définitivement », a expliqué Roger Kasereka.

Il a insisté sur le partenariat constant entre les proches et les agents de la Croix-Rouge, précisant que ce protocole d’enterrement digne et sécurisé concilie le respect des us et coutumes des familles et la prévention des risques de contamination : « Lorsque nous parlons de dignité, cela signifie que l’enterrement se fait dans le respect des traditions. Et lorsque nous parlons de sécurisation, c’est pour éviter que les personnes présentes ne soient contaminées au contact du corps »

Le responsable humanitaire a également balayé d’un revers de main les rumeurs persistantes faisant état de cercueils vides ou de substitutions de corps. Il a rappelé qu’un membre de la famille accompagne systématiquement le corps depuis la morgue, appose sa signature sur les registres et suit le convoi jusqu’à la destination finale.

​Face à la recrudescence des cas confirmés d’Ebola dans la région, le président de la Croix-Rouge de Beni a exhorté la population à coopérer avec les équipes d’EDS et à observer scrupuleusement les mesures barrières.

​« Lorsqu’un corps est manipulé de manière anarchique, c’est toute la chaîne de contamination qui s’active ; un seul corps est en mesure d’infecter dix, voire cent personnes », a-t-il averti, en invitant les habitants, les associations, les marchés, les églises et les structures sanitaires à s’impliquer activement dans la riposte pour stopper la transmission du virus.

​Cette mise au point est intervenue dans un contexte marqué par des tensions et des attaques contre les équipes d’enterrement digne et sécurisé, parfois perçues à tort comme un facteur de propagation de l’épidémie.

ACP/J K/kms

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