Beni, 21 août 2026 (ACP). – L’arrivée annoncée de 70.000 doses du vaccin « Ervebo » contre Ebola constitue une réponse urgente à l’exposition du personnel soignant engagé en première ligne dans la riposte à Beni, au Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo(RDC), a déclaré vendredi à l’ACP le médecin directeur d’un hôpital local.
« L’approvisionnement en doses du vaccin Ervebo est crucial pour renforcer nos efforts de prévention et assurer la sécurité de nos collaborateurs en première ligne contre la maladie à virus Ebola », a estimé le Dr Mutuza Lusungu Babah, médecin directeur du centre médical Sainte Ana de Beni.
Ce professionnel de la santé a parallèlement appelé au renforcement des équipements de protection individuelle et à l’accélération de l’acheminement des doses.
Il a rappelé, à cet effet, les résultats de la campagne de vaccination menée en 2018, qui avait enregistré une large adhésion de la population, contribuant ainsi à briser la chaîne de contamination.
Cette réaction intervient dans un contexte marqué par l’exposition accrue du personnel soignant au risque de contamination.
Selon le Dr Mutuza, plusieurs médecins et infirmiers ont déjà perdu la vie dans le cadre de la lutte, bien que le nombre exact de décès parmi les prestataires reste à établir.
La vaccination du personnel exposé : une priorité
« Bien que les doses annoncées puissent être insuffisantes, elles représentent un point de départ encourageant », a-t-il souligné, estimant nécessaire de maintenir la dynamique vaccinale au regard du nombre élevé de professionnels exposés.
Au-delà de la disponibilité du vaccin, l’insuffisance des moyens de protection individuelle constitue un défi majeur pour les structures sanitaires.
Le Dr Mutuza Lusungu Babah a ainsi plaidé pour un renforcement des ressources destinées à la prévention primaire.« Nous avons un besoin urgent de matériel de prévention sur le terrain, tel que des gants, des écrans faciaux, des masques et du chlore pour la décontamination », a-t-il indiqué, lançant un appel à la poursuite de l’appui des autorités et des partenaires de la riposte.
De son côté, Kalira Musubao Jean Baptiste, infirmier responsable du dispensaire Bora Maisha, situé dans la commune de Mulekera (aire de santé de Butsili), a affiché sa totale disponibilité à recevoir le vaccin dès son déploiement à Beni.
« J’affirme mon soutien inconditionnel à la vaccination. En tant que personnel soignant, nous sommes en première ligne face aux défis sanitaires », a-t-il déclaré.
Pour cet infirmier, la vaccination permettra aux équipes de poursuivre la prise en charge des patients avec davantage de sécurité, notamment lors de l’accueil de personnes dont l’état de santé initial est incertain.
« L’ensemble de mi-équipe et moi-même sommes pleinement disposés à recevoir le vaccin dès son déploiement dans la ville de Beni », a-t-il affirmé.
L’infirmier responsable a insisté sur l’acheminement rapide des intrants, estimant que leur présence sur le terrain rassurerait les agents de santé.
Il a conclu en mettant l’accent sur la sensibilisation communautaire qui, selon lui, demeure un pilier essentiel de la riposte. La protection du personnel soignant à Beni passe ainsi par une combinaison de mesures urgentes : la vaccination rapide des agents exposés et le renforcement des équipements de protection.
ACP/J K/kms

