Kisangani, 27 août 2026 (ACP).– La campagne de vaccination contre Ebola, ciblant en priorité les prestataires de soins en première ligne de la riposte, a été officiellement lancée jeudi par le ministre de la Santé lors d’une cérémonie à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, dans le nord-est de la République démocratique du Congo(RDC).
« Nous avons décidé d’utiliser le bon vieux vaccin Ervebo pour pouvoir protéger d’abord ceux qui sont en première ligne, donc nos prestataires de soins, mais aussi pour aller ensuite vers les personnes qui ont été en contact avec les malades pour pouvoir aussi les protéger », a déclaré le Dr Samuel Roger Kamba, ministre national de la Santé publique.
Le ministre de la Santé publique a précisé que cette décision intervient après l’examen des données scientifiques disponibles sur une possible protection croisée du vaccin Ervebo, initialement développé contre le virus Ebola de type Zaïre, face à la souche Bundibugyo responsable de l’épidémie actuelle.
Il a toutefois souligné que les études scientifiques se poursuivent afin de déterminer avec précision le niveau de protection conféré.
« La science nous dit aujourd’hui que le bon vieux vaccin que nous avions déjà contre le virus Ebola de type Zaïre offre probablement une protection croisée. Les personnes qui ont reçu le vaccin ne tombent pas malades ou développent une forme plus légère de la maladie », a-t-il expliqué.
Selon le ministre, plus de 50 000 doses de vaccin ont déjà été réceptionnées par la République démocratique du Congo. La stratégie prévoit de commencer par les provinces entourant l’Ituri, épicentre de l’épidémie, avant d’envisager un élargissement de la vaccination aux autres personnes à risque, en fonction de l’évolution des données scientifiques.
Insistant particulièrement sur la protection des agents de santé, le Dr Roger Kamba a rappelé que ces derniers paient un lourd tribut depuis le début de l’épidémie en raison de leur exposition permanente aux malades. Il les a ainsi exhortés à accepter la vaccination afin de se protéger eux-mêmes et d’éviter de transmettre le virus au sein de leurs communautés.
« J’exhorte tous les prestataires de soins à se faire vacciner. Si vous êtes protégés, d’abord vous sauvez votre propre vie, et ensuite vous n’amènerez pas le virus dans la communauté », a-t-il insisté.
17 cas positifs enregistrés dans la Tshopo
Pour la Tshopo, le ministre a indiqué que le choix de commencer par les prestataires de soins tient notamment à la situation épidémiologique de la province, qui a enregistré 17 cas positifs depuis le début de l’épidémie.
Il a également évoqué les premiers résultats encourageants observés chez des personnes ayant reçu du remdesivir après un contact à haut risque avec des malades.
« Pour la province de la Tshopo, nous commençons par vous. Vous avez, depuis le début, notifié 17 personnes positives. Si vous faites l’effort maximal pour bloquer ce virus, on n’ira pas au-delà », a affirmé le ministre.
De son côté, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a salué l’appui du gouvernement central et le lancement de cette campagne, qu’il considère comme un renforcement médical indispensable aux mesures administratives et sanitaires déjà prises dans la province.
« La campagne de vaccination que vous vous apprêtez à lancer offre ce renfort indispensable. Ciblons en premier lieu nos soignants et intervenants de première ligne qui se battent chaque jour sur le terrain », a déclaré le gouverneur.
Le ministre national de la Santé a enfin assuré que le gouvernement de la République restera mobilisé pour répondre aux besoins exprimés par la province de la Tshopo dans le cadre de la riposte, notamment en matière de moyens logistiques et sanitaires.
ACP/Kis/MA./AB.

