Ebola au Haut-Uélé : plusieurs structures sanitaires ne disposent pas d’équipements de riposte(Médecin directeur)

Isiro, 14 juillet 2026 (ACP).– Plusieurs structures sanitaires de la ville d’Isiro, dans la province du Haut-Uélé, au Nord-Est de la République démocratique du Congo(RDC), ne disposent pas d’équipements de riposte contre la maladie à virus Ebola, a indiqué mardi à l’ACP le médecin directeur d’une clinique locale.

« Nous attendons l’invitation de la hiérarchie et de l’équipe provinciale de la riposte pour un briefing , afin d’obtenir des orientations ainsi que les matériels appropriés. Jusqu’à présent, l’équipe de riposte n’a pas encore invité les responsables des structures sanitaires basées dans la ville. Dans un premier temps, à notre niveau, comme la maladie est là, nous devons prendre soin d’aider la population par la sensibilisation sur le respect des mesures préventives, en attendant qu’on vienne nous accompagner avec des matériels. Nous travaillons avec beaucoup de risques », a déclaré le Dr John Kaingama, médecin directeur de la clinique Libiki d’Isiro, lors d’un entretien avec l’ACP dans son bureau de travail.

« Il y a un manque de matériels appropriés, notamment de tenues de protection pour les corps soignants. Par exemple, lors d’interventions chirurgicales, il peut y avoir des malades touchés par Ebola dont les signes ne sont pas encore visibles, et c’est un danger. Que le gouvernement, tant central que provincial, nous vienne en aide. Les différents responsables des structures sanitaires de la ville d’Isiro attendent l’invitation de l’équipe provinciale de la riposte », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le responsable de la clinique Libiki a souligné que, face aux dispositions actuelles, ils ne sauraient pas prendre en charge un patient présentant des signes d’Ebola.

« Lorsque nous enregistrons un cas, nous l’orientons vers l’hôpital général de référence, là où un minimum de l’équipe de riposte peut prendre en charge le malade. Le plus important pour nous, dans un premier temps, a été de chercher à notre niveau comment assurer la protection du personnel de notre hôpital par des mesures préventives primaires. »

« Dans notre structure sanitaire, nous avons déjà reçu un cas suspect présentant des symptômes s’apparentant à Ebola, en provenance de la province voisine de l’Ituri, précisément au PK 51 de Nia-Nia. Rapidement, nous l’avons transféré à l’hôpital général de référence d’Isiro et, par la suite, nous avons alerté la Croix-Rouge qui est venue désinfecter le lit du malade. Nous ne pouvons pas non plus frustrer les patients : ce n’est pas parce qu’il y a Ebola dans nos murs que nous devons refuser les malades », a renchéri le numéro un de la clinique Libiki (nommé précédemment Elikya dans le texte).

Parlant de la sensibilisation, le Dr Kaingama a fait savoir la nécessité de l’implication des différentes couches sociales.

« Il n’y a pas que la santé. Il y a aussi la société civile, les médias, les églises (…) pour faire comprendre que la maladie existe et qu’il y a des mesures pour éviter d’être atteint, sans oublier l’autorité de référence qui est l’État congolais, qui doit instruire ses services », a-t-il conclu.

Notons que plusieurs structures sanitaires de la ville d’Isiro ne disposent pas de matériels ou d’équipements nécessaires pour la riposte contre la maladie à virus Ebola.

ACP/B/ L / A

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