Beni, 29 mai 2026 (ACP).- Une inquiète généralisée a envahi les citoyens ordinaires, dont les personnes vivant avec handicap établis à Kasindi, suite à la fermeture par l’Ouganda, de la frontalière pour limiter la propagation de la maladie à virus Ebola, selon des témoignages recueillis vendredi par l’ACP.
« Je vis à la frontière entre la république démocratique du Congo et l’Ouganda. Cela fait déjà au moins deux jours que les autorités ougandaises ont décidés de fermer la frontière en interdisant à quiconque se trouvant encore au Congo de ne pas traverser vers l’Ouganda. Et si vous êtes congolais vivant en Ouganda, vous êtes obligés d’y rester. Il n’y a plus moyens jusqu’à nouvel ordre », a expliqué Nzereka Moussa Moise, un jeune importateur des poissons joint au téléphone ce vendredi.
« Une psychose doublée d’une inquiétude sans noms a envahi la population car la situation que nous vivons ressemble à une journée ville morte sans travail », a-t-il indiqué avant de préciser que seuls les transitaires munis des documents à jour sont autorisés à passer la frontière sans problèmes mais en se conformant aux mesures barrières à savoir le prélèvement de la température, le lavage des mains et le traçage du voyage à partir du lieu de provenance jusqu’à la destination finale.
« Seuls les véhicules transportant les marchandises traversent avec un chauffeur et son assistant sont autorisés de traverser. Cette situation nous a sensiblement affecté, les gens ne sont pas à l’aise car on dirait que nous sommes dans une journée chômée car tous les mouvements sont paralysés au point que même les triporteurs souvent commis au transport des colis légers sont inaperçus. Kasindi ressemble à une ville fantôme », s’est inquiété Nzereka Moussa qui en appelle à un traçage correct plus un contrôle sévère des personnes car, selon lui la fermeture de la frontière n’est pas en soi une solution meilleure contre une épidémie.
Perturbation du petit commerce frontalier
Cette mesure de fermeture de la frontière a perturbé complètement les activités quotidiennes, notamment le petit commerce transfrontalier, principale source de revenus pour plusieurs familles moyennes. La situation est pire dans les familles des personnes vivant avec handicap trop encrées dans le petit commerce transfrontalier.
« Nous sommes en difficulté suite à la fermeture de la frontière mongolo-ougandaise. Nos membres, qui se déplacent à vélo, n’ont plus accès au passage à la frontière. Il n’y a actuellement aucun passage pour nous, personnes vivant avec handicap. Comment allons-nous survivre et nourrir nos familles, alors que nous vivons des activités liées à la frontière ? », s’est interrogée Kavugho Fadila, responsable d’une association de personnes vivant avec handicap à Kasindi.
La fermeture soudaine de la frontière, surtout du côté ougandais, affecte particulièrement les personnes vivant avec handicap qui dépendent des activités journalières à la frontière pour subvenir aux besoins de leurs ménages. Plusieurs d’entre elles exercent le transport de marchandises à vélo, le petit commerce ou encore des services de manutention entre la cité congolaise de Kasindi et M’Pondwe du côté ougandais.
« C’est une mesure qui affecte tout le monde ici à la frontière, nous venons d’une réunion avec les autorités polico administratives, mais rien de concret n’y a filtré et nous nous plions à la décision du côté ougandais », a-t-elle poursuivi avec un désespoir visible sur le visage.
Située dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la frontière de Kasindi est l’un des principaux points d’échanges commerciaux entre la RDC et l’Ouganda. Chaque jour, des milliers de personnes y transitent pour le commerce, le transport de marchandises et diverses activités génératrices de revenus.
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