Ebola : aucune rupture en marchandises à Beni, après la fermeture de la frontière ougandaise

Beni, 30 mai 2026 (ACP).- La fermeture de la frontière par l’Ouganda avec République démocratique du Congo (RDC) pour freiner la propagation de la maladie à virus Ebola n’aura pas d’effets considérables sur l’approvisionnement de la région de Beni, a assuré samedi auprès de l’ACP le coordonnateur de la Fédération nationale des petites et moyennes entreprises congolaises (Fenapec).

« Les affaires commerciales tournent très bien, même si l’on a fermé la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo et l’Ouganda« , a indiqué Médard Masumbuko, coordonnateur de la Fenapec.

Il a fait savoir qu’ils ont eu des assurances à travers un message officiel des autorités ougandaises comme quoi les marchandises vont continuer à passer et qu’il n’y aura pas de rupture d’approvisionnement en produits de première nécessité comme du riz, le sucre, du savon, du ciment.

« Nous allons continuer à les importer comme par le passé », a-t-il ajouté.

« Comme on a fermé la frontière commune entre nos deux pays, nous sommes appelés à respecter cette mesure surtout qu’elle est bénéfique pour les Ougandais tout comme nous les Congolais. J’appelle ainsi les compatriotes opérateurs économiques au strict respect des mesures édictées par le ministère de la Santé en partenariat avec le ministère des Affaires  étrangères« , a recommandé ce cadre syndical qui a relativisé les éventuelles lamentations, surtout que les habitants dans cette partie Est de la RDC se ravitaillent en produits manufacturés importés à partir des pays de l’Est africain pour certains et d’autres fabriqués dans les pays asiatiques.

« A mon niveau, à la suite de la réapparition de la maladie à virus Ebola, je vais recommander aux opérateurs économiques, surtout les membres de la Fenapec que nous devons fournir des efforts pour limiter la propagation de la maladie à virus Ebola« , a dit Masumbuko,

Il y a des mesures édictées par les autorités sanitaires et politiques que nous devons respecter. C’est entre autres se laver régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utiliser du gel hydro-alcoolique, a insisté le coordonnateur de la Fenapec.

« Nous devons aussi respecter une distance minimale de 2 m entre les personnes et éviter tout contact physique inutile : poignées des mains, accolades, embrassades. Nous devons aussi éviter tout contact physique avec le malade ou personne décédée suspectée d’être atteinte d’Ebola« , a-t-il prévenu, recommandant l’installation des dispositifs de lavages des mains devant les magasins, boutiques et super marchés, marchés et parkings publics. 

Il a enfin insisté sur le respect des orientations faites par les équipes de riposte avec lesquels communauté toute entière est appelée à collaborer.

La disposition arrêtée par les autorités ougandaises indique que seuls les véhicules de transport des marchandises seront autorisés à passer de part et d’autre de la frontière de Kasindi avec à bord le chauffeur et son assistant.

A une question sur le comportement imprimé par la Fenapec, le coordonnateur de cette structure dans le « Grand Nord » de la province du Nord-Kivu a noté « la grande conscience dans le chef de ses syndiqués surtout que les uns et les autres ont encore frais dans la mémoire les effets de la 10e épidémie qui avait secoué la région entre 2017 et 2020 avec un lourd bilan de plus de 2.700 morts ». 

Ebola a débuté en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba) dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré. 

L’épidémie d' »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part  2.200 morts dans la  même région.

Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).

L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.

Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.

Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :

lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ; 

utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.

Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le

port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.

Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.

ACP/

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