Kisangani, 5 août 2026 (ACP).- La province de la Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo, a enregistré son tout premier cas autochtone confirmé d’Ebola en territoire de Bafwasende, a annoncé mercredi le ministre provincial de la Santé, au cours d’un échange avec la presse locale. « Arrivés dans la localité de Baego, nous avons trouvé le chef du groupement malade. Les prélèvements ont été faits et les échantillons se sont révélés positifs. C’est donc un cas confirmé d’Ebola au PK 147 sur la RN4. Nous faisons véritablement face à une épidémie », a affirmé le Dr Simon Bokongo Lokofo Kawaya, ministre provincial de la Santé.
Le patron de la santé en province de la Tshopo a fait savoir qu’au-delà de sept (7) cas confirmés importés de Nia-Nia en Ituri, la Tshopo enregistre désormais un huitième cas, qui est autochtone. Par ailleurs, le patron du secteur de la santé dans la Tshopo a indiqué qu’en territoire de Bafwasende, et précisément au poste frontalier d’Avakubi (groupement arabisé) situé à 12 kilomètres de Nia-Nia, il n’y avait aucun dispositif de lavage des mains avant d’entrer dans la Tshopo, suite à la désinformation entourant la maladie à virus Ebola. « Nous avons été agressés par la population, qui ne veut pas voir les véhicules des partenaires.
Nous avons réussi à échanger avec les responsables de la communauté et nous sommes parvenus à installer le tout premier dispositif de lavage des mains accepté par la population. Nous avons compris que la lutte ne concerne pas seulement le secteur médical. C’est pourquoi nous voulons que l’armée, la police et d’autres services spécialisés soient associés, au vu de l’expérience vécue lors de cette mission », a expliqué le Dr Simon Bokongo.
En guise d’évaluation, il a fait savoir qu’en territoire de Bafwasende, le comité provincial de coordination de lutte contre Ebola a constaté que la frontière entre l’Ituri et la Tshopo n’est pas sécurisée par rapport à l’épidémie. Il a également déploré une faible communication, des cas de contacts incontrôlés ainsi que des enterrements non sécurisés. « D’ici peu, la province de la Tshopo risque de connaître des infections autochtones à Avakubi, à Bafwasende-centre et à Kisangani, à l’instar de la province du Haut-Uele », a-t-il alerté. Le ministre provincial de la Santé a, pour conclure son propos, insisté sur le fait que la promiscuité des populations entre Nia-Nia et Bafwasende constitue un grand facteur de risque. ACP/KIS/B.

